‘’ Quand l’on se noie, l’on est prêt à s’accrocher à tout pour se sauver, même à un serpent’’. C’est la posture que semble finalement adopter Bruno Obiang Mvé sur la procédure judiciaire qu’il a engagé contre Hervé Patrick Opiangah et qui démontre sur toute la ligne, qu’elle a été biaisée de bout en bout. Au lieu de reconnaître les dérives graves qui ont émaillé cette procédure, le procureur de la République près du tribunal de première instance s’arcboute sur une quittance du Trésor public qui n’est que la conséquence d’une illégalité flagrante.

Comme pour se dédouaner et avoir une conscience tranquille face à toutes les irrégularités flagrantes constatées durant l’enquête préliminaire engagée contre Hervé Patrick Opiangah sur une prétendue affaire d’inceste, le procureur de la République Bruno Obiang Mvé s’est attaché les services d’un ‘’Barbouze de la plume ‘’. Objectif, démontré a travers la une quittance du Trésor public non authentifiée que les biens, objets précieux et numéraires emportés dans les domiciles d’Hervé Patrick Opiangah sont en lieu sûr. L’ancien directeur des radios provinciales conclu que contrairement à l’idée répandue, les biens saisis dans le cadre de la perquisition sont en lieu sûr.
Dit ainsi, l’ancien Conseiller du maire de Libreville voudrait blanchir à travers cette quittance le procureur de la République. Malheureusement, cette simple quittance, si elle émane vraiment du Trésor public est encore une preuve de violation des procédures.
Un peu de bon sens.
Puisque ‘’le bon sens est là chose du monde la mieux partagée’’, selon René Descartes, l’on devrait de temps en temps l’observé pour éviter des débats qui tirent la justice gabonaise dans la gadoue. Et ce bon sens sur lequel est née la loi recommande d’analyser ‘’l’affaire Opiangah’’ de manière objective, globale, et non parcellaire comme veulent faire certains érudits qui choisissent des épisodes de ce feuilleton en oubliant la plus grande partie du film.
C’est ce bon sens qui nous rappelle qu’on ne peut parler de scellés que quand la procédure s’est déroulée dans les normes. A savoir, pour une enquête préliminaire, un mandat indiquant clairement l’objet de la perquisition et les éléments recherchés, la présence du maître des lieux et son accord préalable. Lorsqu’il y a des saisies au cours de cette perquisition, pour qu’elles deviennent des scellés, il faut qu’un procès verbal soit établi sur place indiquant clairement les objets saisis, les noms et les signatures des personnes ayant opéré ces saisies et surtout la signature du propriétaire des objets saisis.

Or à la lecture des faits, le perquisition s’est déroulée en toute clandestinité avec l’appui des forces de défense de 3éme catégorie, en absence du propriétaire des lieux, ni l’un de ses représentants. Mieux, aucun procès verbal n’a était établi au sortir de de cette descente musclée de l’armée aux domiciles et bureaux d’HPO, avec un passage à tabac de ses parents et employés qui étaient sur les lieux.
Faut-il être sorti de la plus grande université de droit pour comprendre qu’en l’état, aucune règle n’a été respectée et que dans ces conditions, l’on ne peut parler des scellés mais plutôt du ‘’butin’’ emportés à la suite d’un ‘’Braquage d’Etat’’ par des »Gangsters » sous le couvert de la force publique.
Si non, comment comprendre que pour une présumée affaire de mœurs qui date de plus de 20 ans, ou la présumée victime nie en bloc les faits malgré les pressions diverses, que des effets comme l’écran de télévision, les montres et bijoux de valeur et un coffre fort soient emportés ? Quel est le lien entre les faits de poursuite et ces objets ? En quoi ces objets pouvaient aider à la manifestation de la vérité dans cette affaire ? Pourquoi un procès verbal n’a pas été établi à la fin du »braquage » pour tenter de donner une certaine l’égalité à cette opération? Où sont restés les objets saisis durant deux semaines, avant d’être déposés au Trésor public ? Pourquoi les avoir déposés au Trésor public, si tel est le cas, alors que c’est le juge instructeur qui devrait les garder ? Où sont les passeports et la Télévision emportés mais qui ne figurent pas sur la fameuse quittance brandie comme étant une preuve de la régularité de la procédure ? Voilà certaines questions qui appellent le bon sens des défenseurs de l’illegalité.

La justice gabonaise mérite respect et considération non seulement aux yeux des justiciables, mais aussi auprès de l’opinion nationale et internationale. Chercher à justifier l’injustifiable lorsque l’on sait qu’on est dans l’erreur renvoie l’image d’une justice malade qui bafoue les règles élémentaires du droit et qui fait fit du bon sens. Si ‘’l’erreur est humaine, persévérer dans l’erreur est diabolique’’. C’est malheureusement le cas de ceux qui soutiennent l’arbitraire dans cette affaire.
Affaire à suivre…
Par Timothée BAZ













