La Constitution étant la mère des lois, le tumulte constaté au sein de l’opinion depuis l’annonce du référendum et la publication de mouture finale actuellement devant la Cour Constitutionnelle pour avis est justifié. Même si les contributions et autres débats varient selon les positionnements des uns et des autres, l’on note un véritable engouement. C’est dans ce élan que Guy Bertrand Mapangou, juriste de formation s’est distingué par une contribution scientifique objective.

Dans cet optique, Guy Bertrand Mapangou a éclairé la lanterne de l’opinion sur les fondements de la Constitution. Soulignant au passage que « la Constitution est, avant tout, le substrat fondateur par lequel une société se constitue une identité commune. Il cite avec justesse Isidore de Séville : ‘’La Loi n’est écrite pour l’avantage d’aucun particulier, mais pour l’utilité commune des citoyens’’. Ce principe doit être au cœur de la réflexion sur la nouvelle Constitution gabonaise ».
Se voulant pédagogique, Mapangou rappelle que « la Constitution, empruntant du latin constitutio signifiant ‘’mettre en place ‘’, doit établir un tout, un ensemble cohérent englobant toutes les composantes de la société. Elle doit refléter la volonté du peuple gabonais et être au service de la nation, plutôt qu’une simple réflexion de certaines élites ou d’intérêts particuliers ».

Le Haut représentant personnel du Président de la Transition relève dans son analyse l’un des points clés. « la nécessité impérieuse de préserver l’impersonnalité du texte constitutionnel. Une Constitution n’est pas conçue pour une seule personne ou une dynastie , elle doit être le reflet de la volonté collective d’un peuple aspirant à une transmission du pouvoir dans des conditions transparentes et objectives. La transmission dynastique du pouvoir, est un modèle dépassé qui n’a pas sa place dans la future République Gabonaise » a-t-il argumenté.
Une vision qui s’allie avec la volonté du Président d la Transition Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a déclaré ne pas vouloir d’une Constitution taillée à sa mesure et à celle de sa famille, mais qui doit plutôt servir de cadre pour l’édification d’institutions fortes, capables de garantir un contre-pouvoir efficace, nécessaire à l’équilibre de l’État. Paraphrasant Montesquieu , « Seul le pouvoir arrête le pouvoir », l’ancien ministre de l’Intérieur d’Ali Bongo Ondimba tien à l’équilibre des pouvoirs.
La version amendée du projet de Constitution, issue du séminaire entre le gouvernement et le CTRI, tenu du 11 au 15 octobre 2024, est selon lui la base de la discussion. Cette version intègre déjà une approche conforme à l’impersonnalité de la loi, tout en se conformant aux standards internationaux. Pour Guy Bertrand Mapangou, «l’un des points cruciaux est l’encadrement rigide des modalités d’accès à la fonction présidentielle, un point incontournable pour garantir une gouvernance transparente et démocratique».

La contribution de Guy-Bertrand Mapangou loin d’être un mémoire de soutien en un individu ou un système, est un argumentaire qui vient éclairer l’opinion sur les enjeux de cette nouvelle Constitution, et la nécessité des uns et des autres de mesurer la responsabilité qui leur incombe pour faire entrer le Gabon dans une nouvelle ère « La future Constitution est une occasion unique de refonder le Gabon sur des bases solides, en mettant en place des institutions fortes, capables d’assurer la justice, l’équité et la transmission saine du pouvoir » a-t-il conclu.
Par Petit Christ O














