Le leader politique, Dr Stéphane Germain Iloko Boussengui, président du parti Large Rassemblement Arc-en-ciel s’est adressé au Président de la Republique Chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema, dans une lettre ouverte dimanche 10 Août 2025, parvenue à notre rédaction. Ci-dessous, l’intégralité de cette lettre ouverte.
Lettre ouverte à son Excellence Monsieur Le Président de Republique Chef de l’Etat
Excellence, Monsieur le Président de la République,
Faut-il, après seulement quatre mois de votre magistère, continuer à demeurer sereins face à ce que nous observons et qui pourrait ressembler à une confusion de rôles ?
Après les destructions massives , pour ne pas dire les expropriations , dans la capitale et ses environs, et la levée de boucliers qu’elles ont suscitées, nous pensions que votre gouvernement rectifierait le tir, prenant enfin la mesure du drame. Il n’en est rien : selon les sinistrés eux-mêmes, la situation demeure inchangée, voire s’est aggravée.
Derrière l’Assemblée nationale, certains compatriotes dorment toujours à la belle étoile. Les déguerpis du carrefour de la SNI, quant à eux, sont parqués dans un gymnase à owendo … pendant que l’on inaugure, à coups de millions, des infrastructures aux quatre coins du pays. Ce décalage laisse penser que votre gouvernement reste sourd à la détresse de ses concitoyens les plus éprouvés.
Cette même attitude attentiste se retrouve dans la gouvernance électorale. Malgré les appels répétés de la classe politique pour corriger les aberrations constatées, votre gouvernement agit à sa guise. La dernière illustration en date : le communiqué du ministère de l’Intérieur accordant deux jours, à compter du lundi, pour compléter les dossiers. Or, une telle décision devrait revenir à la Cour constitutionnelle, après examen des dossiers déposés au plus tard le 7 août. Faut-il comprendre désormais que le ministère se substitue à la Cour constitutionnelle ?
Ce n’est pas la première fois. Rappelons le précédent : après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, où le Président élu avait obtenu 90 % des suffrages exprimés, son score est mystérieusement passé à près de 95 %. De même, lors du référendum, le taux de participation est passé, comme par enchantement, de 31 % en matinée à plus du double en soirée.
En réalité, la question n’est pas de donner « deux jours pour compléter les dossiers », mais bien « deux jours supplémentaires pour déposer les dossiers » : une mesure dérisoire, certes, mais néanmoins appréciable.
L’impression qui se dégage est claire : votre gouvernement agit au mépris des règles qui régissent un État de droit démocratique. Nous n’avons pas besoin de descendre dans la rue ou de boycotter une élection pour exprimer notre désaccord, au risque de priver le peuple d’une représentation, même marginale, à l’Assemblée nationale.
La Ve République ne devrait pas être une République des paradoxes. Avec un mandat de sept ans, renouvelable au moins une fois, vous avez le temps de bien faire les choses. Sinon, le 30 août pourrait devenir, aux yeux du peuple, la date du désenchantement. Lorsque l’on décide de changer, changeons vraiment.















