L’affaire Opiangah devrait connaître son épilogue dans les prochains jours, avec la décision que rendra la Cour de Cassation, devant laquelle les avocats d’Hervé Patrick Opiangah ont introduit un recours après l’arrêt rendu le 08 mai dernier par la Chambre d’Accusation.

Une décision qui ne devrait s’appuyer que sur les éléments du droit, afin d’aboutir, logiquement, à un non-lieu, et à l’arrêt des poursuites contre le Président de l’Union pour la Démocratie et l’Intégration Sociale (UDIS), en exil forcé depuis plus de sept mois.
La Cour de Cassation, dont le rôle est de vérifier le strict respect de l’application de la loi par le Tribunal de Libreville et par la Cour d’Appel judiciaire, notamment en ce qui concerne le rejet par ces deux instances, pour le même motif, de la demande de non-lieu formulée par les Conseils d’Opiangah devrait regarder tous les contours de cette affaire qui a démontré le degré d’instrumentation de la justice gabonaise qui ferme souvent les yeux sur les évidences.
S’il ne subsiste plus aucune zone d’ombre sur les incongruités, aberrations et autres incohérences qui ont entaché ce que l’UDIS qualifie désormais de « mauvais polar politico-judiciaire », la tâche devrait être moins ardue pour les juges de la Cour de Cassation, qui devront donc, tout simplement, exploiter ce qui apparaît aujourd’hui au sein de l’opinion comme des évidences.
La première de celles-ci, qui devrait, dans les principes du droit positif, amener la Cour de Cassation à prononcer un non-lieu en faveur d’Hervé Patrick Opiangah réside sans aucun doute dans le délit flagrant de parjure dans lequel sont impliqués les deux têtes de proue des deux juridictions qui ont rejeté la demande de non-lieu, qui fait l’objet de l’actuel examen par la Cour de Cassation en dernier ressort.
En effet, ainsi qu’il a déjà été démontré plus d’une fois par le Directoire de l’UDIS, « Le Maître des poursuites (le Procureur de la République) a déclenché des poursuites le 20 novembre 2024, sans avoir de motifs de poursuites. Il n’existe ni victime, ni charge… Tout repose sur une plainte déposée, a posteriori, (5 jours plus tard), le 25 novembre 2024, par Dame Lucie Biloghe, dont la version des faits est différente de celle qu’elle-même a librement donnée devant le l’Officier de Police Judiciaire du Commissariat Central de Lambaréné en date du 18 octobre 2023« , a dénoncé le porte parole de l’UDIS.

Dans la même veine, le Procureur Général près la Cour d’Appel du Tribunal de Libreville se retrouve lui aussi empêtré dans ce délit de parjure, pour avoir déclaré, dans son réquisitoire, que Sieur Roland Obame avait déposé une plainte auprès du Parquet de Lambaréné le 19 novembre 2024. Or, il ressort du rapport de l’Huissier de justice l’inexistence totale de l’enregistrement de cette prétendue plainte dans les registres du Parquet de la République !
Et d’ailleurs, affirme le porte parole de l’UDIS, « Si cette plainte avait existé, l’intitulé de l’affaire aurait dû être <<Ministère Public, Sieur Obame Roland et Dame Biloghe Lucie contre Opiangah Hervé Patrick>>, au lieu de <<Ministère Public et Biloghe Lucie contre Opiangah Hervé Patrick >>, comme l’a mentionné la Chambre d’Accusation.
L’évidence de ces parjures devrait suffire, à elle seule, à faire tomber les poursuites contre Hervé Patrick Opiangah. D’autant plus que, comme l’a rappelé Edmond Epoma Ngadi, « Le parjure, qui est l’acte de faire un faux serment, est généralement considéré comme une forme de faux témoignage ; le droit gabonais traite le faux témoignage comme un délit punissable. » Et de rappeler les articles 116 du Code pénal gabonais, et 441 alinéa 1 du Code pénal français, qui, tous deux définissent ainsi le faux : « Contitue un faux, toute altération frauduleuse de la vérité de nature à causer un préjudice, et commis par quelque moyen que ce soit, dans un écrit ou tout autre support d’expression de la pensée, qui a pour objet ou qui peut avoir pour effet d’établir la preuve d’un droit ou d’un fait ayant des conséquences juridiques « .

Si à cette évidence principale l’on ajoute les autres évidences toutes aussi frappantes que le défaut de qualité du plaignant, l’absence de preuves des faits invoqués dans cette plainte, les dénégations de la présumée victime, qui est restée constante dans ses déclarations, en niant en bloc les faits allégués, et le lancement de l’assaut par les forces de défense et de sécurité contre les différents domiciles d’Hervé Patrick Opiangah, contre le siège de l’UDIS, son parti politique, et contre sa Holding, le tout perpétré à la veille du jour fixé de la convocation à la police judiciaire ; l’on peut légitimement déduire de tout cela que »l’affaire Opiangah » a été viciée de bout en bout, dans le seul but inavoué de régler des comptes politiques, à travers un procès monté de toutes pièces…

Les juges de la Cour de Cassation auront ainsi, dans les prochains jours, l’occasion de faire montre de bon sens, en cassant la décision prise par la Chambre d’Accusation, en accordant – comme le souhaite tous ceux qui sont épris de justice- un non-lieu à Hervé Patrick Opiangah ! Surtout que la raison avancée par le Président de cette Chambre, à savoir la non présentation de l’intéressé devant un juge d’instruction semble une véritable incongruité aux yeux de nombreux juristes, qui estiment qu’à partir du moment où la procédure est déjà viciée, et ponctuée par la violation de serment des principaux responsables des juridictions chargées de ce dossier, la présence d’Hervé Patrick Opiangah ne saurait être un motif de rejet de la demande de non-lieu introduite par ses avocats.
En tout état de cause, la Cour de Cassation devrait dire le droit, en ayant à l’esprit que, derrière ce procès politico-judiciaire contre Opiangah, se trouvent plus de 6500 employés qui sont menacés et livrés à eux-mêmes depuis plus de sept mois, incapables d’assumer leurs responsabilités sociales et familiales.
Les militants de l’UDIS ont également interpellé à travers une déclaration publique les magistrats, qui ont prêté le serment de <<remplir leurs fonctions avec indépendance, impartialité et humanité>>, afin qu’ils redorent l’image d’une justice aux ordres !
Par Ange Maya















