Le prochain épisode du feuilleton de l’affaire Opiangah, très attendu, se jouera à la Cour de Cassation du Tribunal de Libreville. La plus haute institution judiciaire, qui a été saisie par les avocats d’Hervé Patrick Opiangah, aura à se prononcer sur la procédure intentée contre l’ancien Ministre des Mines du premier gouvernement de la Transition, en exil forcé depuis sept mois.

Une occasion, pour cette juridiction, de dire le droit, afin de redorer l’image de la justice souillée par les décisions de la Chambre d’accusation, et par celle du Doyen des juges d’instruction.
En effet, le dossier politico-judiciaire contre Hervé Patrick Opiangah se trouve désormais sur la table de la Cour de Cassation, qui devra se prononcer, en dernier ressort, sur cette affaire qui défraie la chronique depuis sept mois.
De fait, il s’agira pour la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire gabonais, de dire si le droit a été rigoureusement appliqué par le Tribunal de première instance de Libreville, et par la Cour d’Appel du même Tribunal, surtout après les rejets par les responsables de ces juridictions des demandes de non-lieu à l’endroit de Monsieur Hervé Patrick Opiangah, formulées par ses avocats.
Le verdict de la Cour de Cassation est donc très attendu, d’autant plus que, pour de nombreux juristes qui suivent de près cette affaire, le refus d’un non-lieu tant par la Doyenne des juges d’instruction que par le Président de la Chambre d’accusation ne se justifie aucunement, au regard de la vacuité du dossier.
Pour l’un de ces juristes, « La Cour de Cassation a la lourde responsabilité de dire enfin le droit dans cette affaire qui a montré toutes les limites d’une justice supposée indépendante, et censée agir conformément à cette indépendance. Au lieu de cela, les responsables des juridictions en charge de ce dossier ont choisi d’humilier tout un corps par leurs décisions iniques et incongrues, qui ont clairement confirmé la thèse d’un complot politique contre Monsieur Hervé Patrick Opiangah ! C’est l’occasion pour cette Cour de redorer le blason de notre justice, par une décision juste, qui ne reflète pas la moindre pression politique« .

Aussi, après les balbutiements de la justice face à un dossier vide, qui ne nécessitait même pas l’ouverture d’une enquête préliminaire contre Hervé Patrick Opiangah, la Cour de Cassation a le devoir de corriger les graves dérapages du Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville. Ce Procureur qui a lancé des poursuites contre un citoyen, sans s’être appuyé sur une plainte; lui qui, par la suite, s’est rendu coupable de parjure, tout cela en violation flagrante du serment qu’il a prêté ! Bien plus, dans un dossier sans plaignant légalement recevable, où la présumée victime a été constante dans ses déclarations en affirmant n’avoir jamais été victime des faits allégués.
Il est évident que la Cour de Cassation pourra difficilement ne pas constater la non application stricte de la loi par les juridictions qui sont placées sous son autorité. Elle devrait donc, en toute logique, casser la décision de refus de non-lieu rendue par la Chambre d’Accusation.

« En somme, dit un autre juriste, la lecture stricte et rigoureuse de la loi par la Cour de Cassation dans cette affaire aux implications économiques et sociales très importantes pourrait être un démenti formel apporté aux oracles qui affirment que le dossier Opiangah n’est pas géré au Palais de Justice, et que les juges concernés ne sont que de simples exécutants ».
« La Cour de Cassation se trouve devant une alternative simple : Choisir de dire le droit et rien que le droit, ce qui rétablira Hervé Patrick Opiangah dans ses droits ; ou bien choisir de s’enliser, elle aussi, dans la manipulation politique, ce qui ouvrira la voie à la Justice Internationale, dont le Gabon sortira certainement encore plus humilié, à cause des errements de sa justice« , a-t-il conclu.
Par Ange Maya















