Plus de cinq mois qu’Hervé Patrick Opiangah, Président de l’Union pour la Démocratie et l’intégration Sociale et capitaine d’industries employant plus 6500 gabonais, est contraint à exil pour échapper à un lynchage politico-judiciaire. Depuis lors, aucun acteur politique proche du pouvoir de la Transition ne lève un petit doigt pour appeler à la raison. Pourtant acteur majeur du coup d’État du 30 août 2023, Opiangah semble désormais être un paria de la République, malgré des multiples services qu’il a rendu aux uns et aux aitres.

Qu’est ce qui peut justifier le silence assourdissant des nombreux acteurs de la galaxie politique et institutionnelle qui gravite autour du pouvoir de la Transition qui vient de s’achever avec l’élection d’un Président de la République, sur les injustices ignobles que subit Hervé Patrick Opiangah depuis près de cinq mois ? C’est la question qui taraude l’esprit de nombreux observateurs de la vie politique gabonaise. Ce d’autant plus que depuis le déclenchement de cette affaire marquée par une descente musclée des différentes unités de forces de défense et de sécurité, jusqu’à la rétention arbitraire du dossier par le Procureur général, aucune personne morale ou physique proche du pouvoir n’a levé le petit doigt pour demander à ce que le droit et seulement le droit soit dit et respecté dans cette affaire.
Mieux, les différentes correspondances adressées aussi bien aux responsables d’institutions, aux confessions religieuses, à la société civile et aux représentations diplomatiques sont restées sans suite, à part l’Ambassade de France qui a prêté une oreille attentive à la situation inédite que traverse ce citoyen aujourd’hui en exil forcé. Un silence diversement interprété.
Si pour certains analystes, le silence des acteurs politiques qui savent bien qu’Opiangah est tout simplement victime d’une machination politique, peut se justifier par la peur pour eux de perdre certains privilèges de ceux qui sont pour la disparition d’Opiangah. D’autres par simple ingratitude préfèrent ‘’laisser Opiangah gérer ses problèmes avec Oligui’’.

Des attitudes bien plus préjudiciables dans un État de Droit. Le silence de ceux qui ont partagé certains secrets avec Hervé Patrick Opiangah aurait été justifié, si la justice gabonaise avait réussi à établir la culpabilité de ce dernier. C’est plutôt un procès monté de toutes pièces, sans preuves et en violation flagrante des règles élémentaires de la procédure judiciaire qui été servi à l’opinion. A cela s’est ajouté le parjure du Procureur de la République qui devrait immédiatement conduire à la prononciation d’un non lieu et des sanctions disciplinaires contre le magistrat véreux.
Malgré tous ces vices de forme et de procédure, les différentes institutions , administrations, personnalités politiques et religieuses, mêmes les sages n’ont pas eu à redire. Pas la moindre indignation, pas le rappel à l’ordre d’un État de Droit. Un silence complice ou coupable ?
Certains ont voulu se cacher derrière le sacro-principe de séparation de pouvoirs, « Il faut laisser la justice faire son travail » ont-ils fait entendre certains. Une justice déjà inféodée avec le politique ?Se sont interrogés d’autres.
Où est passé l’appel à la sagesse et au ressaisissement lancé par Hervé Patrick Opiangah au lendemain de son départ en exil ? Qu’ont dit Raymond Ndong Sima, Paulette Missambo, Jean François Ndong Obiang et les autres compatriotes qui ont été interpellés par HPO pour un retour à l’accalmie ?

Pour un sociologue , enseignant des Universités et Grandes Écoles, « La situation que traverse aujourd’hui Mr Hervé Patrick Opiangah est un cas qui devrait faire école. Personne ne peut nier qu’il a été au cœur du Coup d’Etat qui a libéré le Gabon. Et lui-même l’a affirmé. Le fait qu’il soit traqué aujourd’hui par les tenants du pouvoir prouve également qu’il détient certains secrets de ce push. D’ailleurs, il a suffi d’une petite phrase , ‘’Mon Général, c’est pas ce qu’on s’est dit’’, pour que la machine militaro-sécuritaire et judiciaire se mette en branlé pour vite fermer sa bouche. Et le silence qu’on peut observer de la part de ses proches d’hier, qui ont même bénéficié de son entregent pour avoir certains privilèges, n’est que le meilleur plat de la politique, l’ingratitude. Pour dire qu’en politique, seul l’intérêt compte » a-t-il conclu.

Aujourd’hui, Opiangah semble abandonner à lui-même, soutenu par sa famille biologique et des milliers de membres et sympathisants de son parti politique l’UDIS qui continuent à se battre becs et ongles pour faire entendre la cause de leur leader, persécuté arbitrairement par le politique à travers une justice aux ordres.
Même s’il on peut penser à une majorité silencieuse qui plaide pour une déclaration immédiate d’un non lieu et de la réhabilitation d’Hervé Patrick Opiangah pour son retour sécurisé au milieu des siens, le machiavélisme exacerbé de certains qui sont prêts à sacrifier des milliers de familles pour intérêts bassement politiques laissent planer le doute sur l’issue de ce feuilleton qui se retrouve désormais sur la table de la Commission Africaine des Droits de l’Homme qui devrait statuer. A moins que le président de la République nouvellement élu joint sa parole à l’acte.
Par Arthur Bidzo















