Depuis le déclenchement des poursuites judiciaires contre Hervé Patrick Opiangha par la Justice gabonaise, de nombreuses voix se sont élevées pour interpeller le Président de la Transition, Chef de l’État sur ce dossier qui s’avère être monté de toutes pièces. Plus de quatre mois après, Brice Clotaire Oligui Nguema ne s’est jamais prononcé officiellement sur ce sujet. Un silence diversement interprété au sein de l’opinion.

Le feuilleton politico-judiciaire contre Opiangha peut-il connaître son épilogue sans l’intervention direct du Chef de l’Etat ? C’est la question que se posent de nombreux observateurs au regard des tergiversations d’une justice qui a du mal à dire le droit.
En effet, puisqu’il est déjà démontré que cette affaire n’a pas sa place dans les prétoires du Tribunal, étant politique, sa seule issue ne peut donc être que politique. Et c’est là où le silence du Président de la Transition ne se justifie pas. Pour certains observateurs avisés, mais qui n’osent pas donner publiquement leur position face à cette affaire, elle ne pourrait pas aboutir si le Chef de l’Etat ne siffle pas lui-même la fin de cet acharnement sur un compatriote qui n’a rien fait, mais qui se retrouve en exile pour des raisons bassement politiques.
Pour un acteur politique pourtant proche du pouvoir de la Transition, « L’affaire Opiangha est une affaire politique qui vient écorner l’image de cette Transition qui pourtant tire à sa fin » a-t-il indiqué d’entrée. Pour lui, « Personne d’autre que le Président de la Transition ne peut mettre fin à cette situation que nous déplorons. Pour la simple raison que, même si ce sont les personnes de son entourage qui ont ordonné la chasse contre Opiangha, elles ne pouvaient pas mettre ce plan à exécution sans son aval. Et sans langue de bois, même si certains ne veulent pas le reconnaître, c’est le Chef de l’Etat qui est responsable de la situation que subit actuellement Hervé Patrick Opiangha » a-t-il tranché, avant de conclure que « cette situation n’honore pas notre pays, qui aspire à devenir une véritable démocratie avec le respect des libertés fondamentales dans un véritable État de Droit. Le Président de la Transition doit désamorcer cette bombe à retardement qui pourrait s’exploser à tout moment ».

Pour une catégorie d’observateurs qui estiment que le Chef de l’Etat ne devrait pas s’ingérer dans les procédures judiciaires, comme lui-même l’a si bien indiqué pour le cas de Kelly Ondo et ses compagnons incarcérés à la Prison de Libreville, un professionnel du droit estime que « Le Président de la Transition, garant de la justice et de l’Etat de Droit, ne peut pas se cacher derrière cet argument pour justifier son silence et même l’indifférence vis-à-vis de la situation qui prévaut concernant l’affaire Opiangha. D’abord, parce que contrairement à Kelly Ondo et compagnie, le dossier concernant Hervé Patrick Opiangha est vide. Cela a été démontré devant l’opinion nationale et internationale . A partir de ce moment la justice devrait lever toutes les poursuites contre lui. La grande question est de savoir, qui manipule la justice pour qu’elle ne dise pas le droit dans cette affaire ? » S’est il interrogé, avant de déduire que, « Aucune main noire, plus que celle du Chef de l’État ne peut être aussi forte pour influencer la justice au point qu’elle n’arrive plus à se rendre à l’évidence, celle de prononcer simplement un non lieu en faveur d’Hervé Patrick Opiangha ».

En cette période charnière où la Transition tire à sa fin, la suite à donner au sort d’Hervé Patrick Opiangha reste un test de grandeur nature qui va déterminer la voie que prendra le Gabon au lendemain du 12 avril prochain après probablement l’élection de Brice Clotaire Oligui Nguema comme Président de la République. La voie d’une véritable démocratie où la justice jouit d’une indépendance absolue, ou alors celle d’une démocratie de façade qui voile une dictature polissée.
Pour un observateur neutre, « Le Président de la Transition gagnerait à s’impliquer personnellement au retour sécurisé d’Hervé Patrick Opiangha. Continuer dans le mutisme et l’indifférence confortera la position de ceux qui pensent que c’est lui, le Chef de l’Etat qui tire les ficelles pour mettre hors d’état de nuire l’un des civils acteur du coup de Libération du 30 août 2023. Dans ce cas l’on pourrait se demander pourquoi Opiangha fait-il peur ? » s’est il interrogé.
Par Petit Christ O















