Il n’est plus un secret pour personne. L’affaire Opiangha a montré le vrai visage de la justice gabonaise. Influençable à souhait, manipulée aux grès des intérêts, soumise à corvéable aux politiques et souvent engluée dans une corruption endémique, celle-ci peine à dire véritablement le droit dans de nombreux dossiers qui leurs sont soumis. Une justice en agonie qui ne rassure plus de par certains de ses acteurs.

Le feuilleton politico-judiciaire dit ‘’affaire Opiangha’’ qui défraie la chronique et qui semble être actuellement au point mort par la seule volonté d’un individu, se révèle être un véritable pavée jeté dans la marre qui vient mettre à nue les défaillances d’un véritable État de droit garant du développement inclusif, de la cohésion sociale et de l’épanouissement individuel.
En effet , les différents épisodes de ce feuilleton ont montré au grand jour les liens incestueux que de nombreux Justiciers entretiennent avec les composantes extra-judiciaires qui influencent à outrance leur libre arbitre. Ces composantes sont entre autres, le politique, la parentèle et dans une certaine mesure la corruption.
Dans le cas du dossier Opiangha, le politique et la fibre parentale semblent orienter les procédures et guider l’instinct des magistrats en lieu et place du Code pénal et le Code de procédure pénale.
Si non, comment comprendre que des professionnels du Droit, responsables de juridictions, puissent fouler aux pieds les règles élémentaires des procédures judiciaires ? Où a-t-on vu un Procureur de la République ouvrir une procédure judiciaire sur la base d’une plainte imaginaire seulement dans sa pensée, qui n’a pris corps que onze jours après le déclenchement de la chasse à Opiangha ? Quelle était l’intention de Bruno Obiang Mvé, Procureur de la République, à venir mentir devant les écrans de télévision d’une chaîne publique câblée à l’internationale pendant la principale édition d’information, c’est-à-dire à une heure de grande écoute ? Un délit de parjure qui aurait valu sous d’autres cieux sa suspension, voir même sa radiation du corps judiciaire. Passons.

Pire, sur quel argument ou élément de preuve s’est appuyée la Doyenne des Juges d’Instruction pour rejeter la demande de non-lieu introduite par les Avocats d’Opiangha, sur un dossier constitué à la base des vices de forme puisque sans plaignant, sans éléments de preuves, en plus de la constance des déclarations de la présumée victime qui ne reconnaît pas avoir subi les faits évoqués par l’accusation, et qui a porté plainte contre les pourfendeurs de son père ? Une plainte toujours sans suite.
Alors que le Conseil d’Opiangha a interjeté appel à cette décision de la Doyenne des Juges en sollicitant l’arbitrage de la Chambre d’Accusation, voilà que le dossier est mis sous coude par Procureur général depuis près de trois semaines.
Question : Qu’est ce qui peut motiver le Procureur général à prendre en otage, un dossier en appel qui est sensé être tenu par les délais, et dont l’impact socio-économique n’est plus à démontrer ? Pourquoi Eddy Minang, puisque c’est lui qu’il s’agit, ne fait pas montre du respect des procédures dont on lui reconnaît la grande capacité ?

Les réponses à toutes ces interrogations et a bien d’autres se trouvent dans le caractère politique de ce dossier. Et la seule raison qui puisse justifier ces égarements judiciaires par ces Hauts magistrats est l’influence du politique à laquelle il faut ajouter la fibre familiale voire parentale.
Même si le Syndicat National des Magistrats du Gabon, lors de l’une de ses déclarations n’a pas voulu percé l’abcès, en déclarant que ‘’Le politique instrumentalise la justice pour régler les comptes à ses adversaires’’, tous les initiés en la matière avaient compris que le déclenchement des poursuites judiciaires contre Hervé Patrick Opiangha était tout simplement un règlement de compte politique opéré sous le couvert de la justice. Mal de pot, aucun motif sérieux n’a pu justifier cette tentative d’assassinat. L’on comprend mieux que le Procureur de la République près du Tribunal de première instance de Libreville, réputé proche des membres du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) était en mission Commando pour faire taire le leader de l’Union pour le Développement et l’Intégration Sociale (UDIS). D’où son grossier mensonge.

Tout comme le Procureur général, Eddy Minang, dont le village MboleZock est mitoyen de celui du village paternel du Président de la Transition, Nkoum Yeguin, et qui y aurait des liens de parenté étroits, pourrait justifier son attitude à faire pourrir le dossier d’Appel d’Opiangha en le confisquant arbitrairement, alors que la Chambre d’Accusation reste toujours en attente pour statuer.
Des influences politiques et familiales qui viennent tordre le coup à un véritable Etat de Droit et qui ouvrent la porte à une justice aux ordres. Sans état d’âme, des Magistrats préfèrent se souiller et souiller l’image de leur noble profession en allant à l’encontre du serment sous lequel ils se sont engagés, celui de rendre la justice au nom de peuple gabonais. Ils rendent désormais cette juste au nom des intérêts politiques et de la famille.
L’indépendance dont se réclame la justice ne reste donc qu’un simple slogan creux qui s’écroule lorsque l’ordre vient d’en haut, ou lorsque les intérêts familiaux et amicaux sont mis en jeu. Une posture qui plonge l’appareil judiciaire dans un bourbier qui ne peut garantir l’équité dans le rendu de ses décisions. »Opianghagate » en est une preuve patente.
Par Petit Christ O















