Au cours d’un point de presse qu’il a organisé au hall du Tribunal de Libreville le 07 février, le Syndicat National des Magistrats du Gabon (Gabon) toujours en grève, n’est pas passé par quatre chemins pour dire tout le bien qu’il pense du gouvernement de Transition . L’accusant, à raison de tenter d’avoir le contrôle et de manipuler la justice à des fins politique. Ce qu’on appelle désormais ‘’l’Affaire Opiangha’’ qui défraie la chronique est une parfaite illustration cette manipulation qui n’honore pas un État de droit, où la justice se veut indépendante et libre.

La justice Gabonaise est-elle vraiment libre et indépendante ? La réponse vient encore d’être donnée par les magistrats eux-mêmes. En grève depuis le 13 janvier dernier, ils réclament « une justice digne et indépendante’’. Ce qui veut dire que pour l’instance, cette justice est non seulement dépendante, elle reste aussi indigne. Indigne des décisions souvent controversées qu’elle rend, indigne des procédures qu’elle viole, indigne des pratiques de corruption et parfois de concussion souvent décriées. Pour assainir ce milieu, le gouvernement devrait mettre en place des mécanismes qui garantissent l’indépendance de la justice en assurant sa dignité. Malheureusement, comme l’a déclaré le porte parole du SYNAMAG, « Le gouvernement de la Transition, comme ses prédécesseurs tente d’utiliser la justice à des fins politiques » et d’ajouter, « il ne veut pas d’une Magistrature indépendante et refuse toute émancipation des juge ». A ces mots, l’on peut comprendre le jeu que joue le pouvoir exécutif. Le SYNAMAG enfonce le clou en rappelant à l’opinion que « La justice d’un pays est ce que la politique veut qu’elle soit. Si elle veut qu’elle soit indépendante, digne et impartiale, elle le sera. Si elle ne le veut pas, elle restera soumise, malgré toutes les garanties légales que l’on pourrait mettre en place ».

Est-ce cette soumission aveugle qui empêche le Maître des poursuites du parquet du Tribunal de Libreville à déclarer un non lieu sur la procédure déclenchée contre Hervé Patrick Opiangha dans un dossier d’accusation vide ?
En effet, le Procureur de la République près du Tribunal de grande instance de Libreville qui avait lancé une opération courant novembre 2024 contre Hervé Patrick Opiangha sur des présumés faits d’inceste, attouchements, séquestration et violences sexuelles sur sa fille, s’est finalement embourbé. Pas de preuves établies, la présumée victime niant en bloc les faits et portant au passage plainte contre son principal pourfendeur, plainte toujours sans suite. Malgré tous les indices qui démontrent qu’Opiangha est victime d’un acharnement politique, le Procureur, qui pourtant est appelé à instruire à charge et à décharge n’arrive toujours pas à prononcer le non lieu et cesser toute poursuite contre le Président de l’Union pour le Développement et l’Intégration Sociale. Qu’est de qui peut justifier ce pourrissement ? Peut on s’interroger.
« Une justice forte et indépendante est un pilier fondamental de l’ État de droit et du lien social » a affirmé le président du SYNAMAG. Cette affirmation démontre s’il le faut encore, qu’il existe deux catégories de justiciers. Ceux qui luttent pour leur indépendance pour rendre une justice républicaine, et ceux qui sont assis sur leurs prébendes, foulant aux pieds les règles élémentaires du droit. C’est cette dernière catégorie que les magistrats grévistes appellent « les ennemis internes », qui adoptent des attitudes compromettantes et préjudiciables au mouvement de grève, les rappelant au passage qu’ils sont avant tout magistrats. Leur rappelant au passage « qu’un poste se perd, mais vous resterez magistrat à vie ».
Cet appel à défendre les principes fondamentaux d’un véritable État de droit à travers une véritable séparation des pouvoirs et une réelle l’indépendance de la justice sera-t-il compris par ceux qui ont choisi de jouer le rôle du bras armé des politiques pour régler les comptes à leurs adversaires ? La suite à donner au feuilleton politico-judiciaire contre Opiangha en dira plus. Toutefois, le SYNAMAG averti : « Si la justice sous la Young team doit rester là même sous l’ère de la Transition, alors il y a fort à craindre que la promesse d’une justice de qualité faîte au Gabonais, ne soit qu’un leurre de plus ».
Par Ange Maya















