En moins de quatre mois, Hervé Patrick Opiangha, promu ministre des Mines du premier gouvernement de la Transition a posé des jalons qui promettaient des lendemains meilleurs de ce secteur aux multiples atouts. Depuis son limogeage injustifié, c’est le pilotage à vue. La crise qui persiste à la COMILOG et le retard à l’allumage du grand projet Bélinga sont des preuves patentes d’une descente aux enfers de ce ministère.

Que se passe-t-il donc au ministre des Mines au point où des voies s’élèvent depuis un certain moment pour regretter le départ précipité et injustifié d’Hervé Patrick Opiangha, lui qui, en quatre mois a impulsé une dynamique jamais observée dans ce ministère ? Le visage du ministère des Mines avait littéralement changé sous la gestion d’Opiangha aussi bien sur les conditions de vie et de travail des agents (acquisition des bus du transport du personnel, équipement en mobilier de bureau……), que dans les rapports avec les sociétés qui exercent une activité liée au mines d’une part, et les opérateurs économiques qui étaient disposés à venir investir dans ce secteur.

A ce jour, dit-on du côté de l’immeuble des Mines, la vitalité laissée par Opiangha sombre au fil des jours. Les faits viennent mettre chaque jour qui passe en évidence cet état de chose.
La crise qui perdure à la Compagnie Minière de l’Ogooué (COMILOG) liée à un bras de fer entre les syndicats de cette mastodonte minière du Gabon et son Directeur général a débouché sur une grève. Une grève motivée par l’attitude désinvolte et irrévérencieuse du ministre de tutelle, qui, désigné comme médiateur après la non conciliation des deux parties, Gilles Nembe, qui connait pourtant la maison Comilog a laissé pourrir la situation pendant plus de deux semaines. C’est après le déclenchement d’une grève générale que le ministre médiateur sortira de son sommeil pour inviter les parties autour d’une table de négociation. D’ailleurs aux dernières nouvelles, le Président de la Transition Brice Clotaire Oligui Nguema a décidé de s’occuper personnellement de ce dossier. Un syndicaliste a regretté cet état de choses au cours d’une réunion. « Nous ne comprenons pas l’attitude de notre ministre de Tutelle. Son prédécesseur était pragmatique dans la gestion des dossiers aussi sensible. Si Hervé Patrick Opiangha était encore là, on n’aurait pas connu cette crise » a-t-il déploré.

Malgré sa riche expérience dans le secteur des Mines en général et ses états de service à COMILOG pour avoir occupé le poste de Directeur d’exploitation d’Eramet-Comilog, Gilles Nembe s’est plutôt comporté comme un »apprenti-sorcier ». Une faute grave pour quelqu’un qui sait mieux que quiconque l’impact de cette entreprise dans l’économie nationale et les conséquences néfastes d’une grève.
Un autre dossier sur lequel le ministre des Mines brille par une approximation inquiétante, celui de l’exploitation du gisement de fer de Bélinga dans l’Ogooué Ivindo. Lors de l’une de ses descentes sur site, Gilles Nembe a plutôt semer le doute et l’anxiété en affirmant devant micros et caméras que pour que ce projet rentre dans sa phase effective d’exploitation, il faudrait attendre au moins dix ans, au regard des investissements à réaliser autour de ce projet qui ne sont pas encore inscrits dans les prévisions du gouvernement (chemin de fer Booué-Bélinga, barrage hydroélectrique, routes…..). Des déclarations qui sont de nature à semer le doute dans les esprits.
Quid des nombreux opérateurs économiques qui frappaient à la porte du Gabon avec des projets d’investissement ? Le ballet des investisseurs au cabinet du ministre des Mines a cessé depuis un certain temps.

Sur tout un autre plan, les nationaux, exploitants artisanaux des pierres précieuses ne savent plus à quel saint se vouer. Les cartes d’exploitation qui leur étaient délivrées pour exercer en toute légalité sont subitement suspendues sans explication. L’on se rappelle qu’après le coup de Libération, et pour permettre aux nationaux d’exercer dans l’exploitation artisanale de l’or, le ministre de l’époque avait lancé une campagne nationale d’immatriculation des artisans miniers après la levée de la mesure de suspension de l’activité de l’orpaillage. Une décision qui avait permis à de nombreux compatriotes de retrouver leur activité. L’opération d’enrôlement qui était censée être pérenne s’est subitement arrêtée.
Comme on peut le constater, les acquis laissés par Hervé Patrick Opiangha sont entrain d’être vendangés par son successeur a grand dam des agents et autres opérateurs économiques qui ne savent pas jusqu’à quand durera cette descente aux enfers.
Par Petit Christ O















