Depuis l’explosion du scandale de la Société d’Eau et d’Energie du Gabon, (SEEG), l’opinion médusée, assiste à une manipulation sagement orchestrée. Celle-ci consiste à brouiller les pistes pour ne pas débusquer les vrais auteurs de la mafia qui a plongé cette société dans l’abîme. Préférant mettre en épouvantail Joël Lehman Sandoungout, le Directeur Général sortant de cette boîte qui n’a pas fait plus d’un an aux commandes de cette mastodonte aux multiples tentacules.

Sauf mauvaise fois avancée, SEEG est un malade connue. Et ce depuis des lustres. Les causes de cette longue maladie sont aussi connues que les symptômes. Vouloir faire porter tous les péchés de cette société sur la seule personne de Joël Lehman Sandoungout, serait une grave erreur et une preuve de pas sortir définitivement celle-ci dans la gadoue dans laquelle elle est plongée.
Pourtant réputée pour sa rigueur et son abnégation au travail bien fait, Joël Lehman Sandoungout est toujours sorti tête très haute des entités qu’il a dirigée. De l’Agence nationale des bourses et stages, à la Direction générale de TransUrb, l’homme s’est toujours distingué en maintenant l’équilibre de la barque.
C’est sûrement force de ces états de service que les autorités de la Transition vont lui confier cette Mammouth qui va se révéler in fine comme un cadeau empoisonné.
Nommé Directeur général de la SEEG en octobre 2023, Joël Lehman Sandoungout a-t-il eu le temps d’assoir sa politique managériale pour sortir la société des multiples difficultés qu’elle connait ? Pas très évident. Mieux, durant cette période, explique un cadre de cette société, « Malgré la volonté du nouveau Directeur général de réduire les dépenses abyssales liées aux traitements des agents et à assainir l’environnement , on était surpris de certaines nominations faîtes par le gouvernement à travers le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI). Certains officiers ont intégrés la maison avec des salaires et des avantages sans savoir exactement ce qu’ils venaient exécuter comme tâche. Si ce n’est qu’à se pavaner dans les couloirs et bureaux comme des survivants d’un établissement scolaire. On était même surpris du retour d’un agent qui avait pris sa retraite, reprendre le service avec un salaire qui a percuté le plafond, un véhicule haut de gamme et des agents de sécurité. Tout ceci, sans associer le Directeur général » a-t-il révélé.

L’on peut croire que les autorités de la Transition n’ont pas facilité la tâche à la nouvelle équipe dirigeante de la SEEG. Du simple fait d’envoyer des personnes non qualifiées pour gonfler des effectifs déjà pléthoriques.
Toutefois, la rigueur du Directeur général a permis de détecter un grand réseau parallèle de vente des unités Edan. Une découverte qui a amené la Direction de la société à porter plainte auprès des structures compétentes. Cette procédure a-t-elle prospérer ? Pas très évident, puisque selon les sources internes , les informaticiens qui étaient au cœur de ce scandale ont tous été relaxés et les procédures auraient tout simplement été abandonnées.

Entre temps, Joël Lehman Sandoungout a été limogé de ses fonctions, il aurait été sorti de l’avion, l’empêchant ainsi de voyager alors qu’aucune mesure allant dans le sens de sortir du territoire ne lui avait pas été signifiée officiellement.
L’on pourrait se demander si le fait de dénoncer et de tenter de démanteler un réseau mafieux n’est pas aujourd’hui la source des persécutions dont l’ancien DG de la SEEG est victime ? Quel est le crime que Joël Lehman Sandoungout a commis pour mériter un tel acharnement ? Est-il le responsable de la situation dans laquelle est plongée la SEEG depuis bientôt trois décennies, si non plus ? Autant d’interrogations qui se susurrent dans certains salons feutrés.
Vouloir rendre responsable de l’état de délabrement de la SEEG sur un seul individu qui n’a passé que 10 mois comme premier responsable, et qui a eu le courage de dénoncer la mafia régnante, relève tout simplement d’une méchanceté gratuite. Soit les véritables fossoyeurs de la SEG veulent faire passer Joël Lehman Sandoungout comme simple »bouc émissaire » pour continuer leur besogne, ou alors une »victime expiatoire » qui sortira cette société de la gadoue dans laquelle est plongée. Quoi qu’il en soit, ni l’un, ni l’autre ne pourra être là thérapie indiquée pour sauver cette société toujours sous-perfusion.
Par J.C.A















