Si le coup de libération, perpétrée le 30 août dernier a été salué par la majorité du peuple gabonais, qui ne voulait plus du régime Bongo-PDG, le dévoilement du premier gouvernement de la transition a un temps soit peu douché l’enthousiasme de cette population. La raison, la présence de certaines figures, connues pour avoir commis des crimes économiques, et de sang, qui, au lieu de rendre compte à la justice, se retrouvent curieusement responsables des ministères de souveraineté. Charles Mba Ekome, ministre des Comptes publics fait partie de ces choix qualifiés au sein de l’opinion comme une véritable erreur de casting pour le Chef de la transition.

Qu’est-ce qui a bien motivé le Président de la Transition à valider l’entrée dans son premier gouvernement de Charles Mba, ancien collaborateur « mafieux », d’Omar Bongo, Haut-Commissaire d’Ali Bongo ? C’est la question qui survient dans certains milieux et surtout dans les salons feutrés. Une interrogation plus sensée d’autant plus que sur presque tous les plans, cet ancien cadre d’Elf Aquitaine n’a rien à apporter aux nouvelles autorités aussi bien sur le plan politique, que dans le rayonnement de l’économie gabonaise. Bien au contraire, le Natif d’Ebeingne non loin d’Oyem, capitale provinciale du Woleu-Ntem traîne des casseroles qui peuvent tenir l’image du Président de la Transition. Celui là mêmei qui avait juré la main sur le cœur de lutter contre les criminels de tous ordres : financiers, économiques, rituels et de sang, peut-il donc s’accommoder avec un individu qui fait l’objet des fortes présomptions de crimes de sang ?

En effet, alors qu’il était Sénateur, des assassinats et autres disparitions inexpliquées des personnes de son canton ont été signalés. Le plus médiatisé où son nom fut cité par le présumé meurtrier, cousin de Charles Mba est l’assassinat sous forme d’un crime rituel d’Achille Obiang du village Mvomayop. Une affaire dont devrait désormais se saisir le Procureur du tribunal de grande instance d’Oyem, puisque la famille éplorée souhaite que la lumière soit faite sur cette affaire qui n’a pas fini de défrayer la chronique dans le Canton Woleu.
Sur un toit autre plan, malgré les biens acquis sous le magistère d’Omar Bongo, Charles Mba n’hésite pas à faire main basse sur les biens publics. Après avoir arraché le complexe agricole de son village, l’homme s’est accaparé de la Salle polyvalente d’Oyem, un cadeau qu’avait Omar Bongo Ondimba à la jeunesse d’Oyem peu avant sa mort. Il ne s’est pas arrêté là. La résidence du préfet du Woleu à Oyem est déjà aussi sous le viseur du nouvel homme fort d’Oyem, tel que le clament ses partisans.

Politiquement parlant, Charles Mba est contreproductif vis-à-vis du pouvoir actuel. Qu’est ce qu’un éphémère ministre délégué sous Omar Bongo peut-il apporter de positif dans la Restauration des valeurs impulsée par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions ? Se demandent plusieurs observateurs avertis. Sa position de privilégier dans la loge maçonnique profite-t-elle à Oligui Nguema ?,s’interoge d’autres.
Quoiqu’il n’y ait pas d’Hommes parfaits, les indices d’évaluation permettent tout au moins d’apprécier des valeurs honorables d’un individu. Plusieurs observateurs se demandent quel est l’apport du Haut Commissaire d’Ali Bongo Ondimba.
Dans le gouvernement de cette Transition, comme dans une écurie de chevaux, il y a les tocards, les favoris et les coups sûrs. Charles Mba, malgré son background fait malheureusement partie des ‘’Tocards’’. Et le président de la Transition, pour une meilleure efficacité de l’action gouvernementale devrait se débarrasser de ces bras cassés qui trainent des casseroles.
Ludovic Abina














