La nomination d’un « produit maison » à la tête de la Direction générale de la Marine marchande par les nouvelles autorités de la transition sonne comme une véritable révolution au sein de cette administration, qui depuis bien des lustres, n’était plus stable et ne garantissait plus son épanouissement.

Pour les plus rigoureux, tout ou presque reste à refaire dans l’administration de la marine marchande. De la Direction générale qui reste un éternel sans domicile fixe, à l’absence d’instruments juridiques en passant par la signalisation maritime. C’est le lourd héritage qu’hérite le nouveau Directeur général, le Lieutenant Colonel Moundounga Ludovic Edgard.P our cet administrateur des affaires maritimes et portuaires, qui connait parfaitement la maison marine marchande, il faut arrimer cet ’administration à la norme internationale, ce d’autant plus que le monde maritime devient interconnecté, un village planétaire.
Et de prendre le taureau par les cornes pour relever les grands défis urgents. En dehors des défis structurels où il faudrait loger les agents de la direction générale dans des conditions de sérénité absolue, il faut aussi toute une organisation globale avec la mise en place des instruments juridiques et opérationnels, puisque pour l’instant, la direction générale de marine marchande est complètement coupée du réseau mondial de renseignement et de la sécurité maritime.
Selon le Directeur général, « Sur le plan des réformes juridiques, un accent est mis pour la ratification des conventions internationales pour ce qui concerne, la sécurité maritime et celle des navires, la sûreté des navires, des installations portuaires et des plateformes en mer, et celles qui concerne la sécurité à bord des navires au sein des compagnies. Tous ces instruments internationaux devraient être intégrés dans le droit interne des Etats.», avant d’ajouter que, « Le Gabon devrait, après ratification des conventions internationales, adopter ses propres textes en matière de sûreté, sécurité et dans le domaine du milieu marin pour s’arrimer à l’ordre mondial ». Si certaines conventions ont déjà été ratifiées par le Gabon, d’autres ont fait l’objet d’instruments d’adhésion pour lesquelles il faudrait prendre certains disposition avant leur ratification, a indiqué Moundounga Ludovic Edgard.
Pour l’heure, les techniciens de la Direction générale de la Marine marchande s’attèlent à l’élaboration des textes qui soient conformes à ces conventions internationales en matière de sûreté, de sécurité et en matière de gestion de sécurité. D’après un chargé d’etude du Directeur général, «plusieurs textes sont déjà prêts. Notamment le projet de décret qui définit les conditions de délivrance des documents et titres de sécurité des navires. Il prévoit un certain nombre de dispositions qui nous permettent de se conformer aux conventions internationales liées à la sécurité des navires. Plusieurs arrêtés se greffent à ce projet de décret pour rendre plus opérationnel les missions des agents de la Marine marchande dans le cadre des inspections dans les navires. D’autres décrets concernent la protection de l’environnement marin, sur le dispositif à bord des navires et des installations portuaires et sur la gestion de la sécurité à bord des navires », nous a-t-il renseigné.
Toutes ces réformes d’après le Directeur général vise à rattraper l’énorme retard et être en phase avec la communauté internationale.

Sur les instruments opérationnels, la Marine marchande devrait rapidement se doter d’un Réseau de renseignement et d’un système opérationnel de surveillance et sauvetage maritime afin de mieux surveiller le trafic des navires, recevoir à temps les alertes et organiser les secours nécessaires aux navires et aux personnes. L’élaboration d’un registre national des navires n’est pas en reste
Sur un tout autre plan, la direction générale de la marine marchande compte impulser une « diplomatie maritime » avec la promotion du pavillon national et la mise sous normes des navires.
La signalisation maritime devrait aussi se poursuivre avec la restructuration du phare de Gombé et ses annexes, la réhabilitation des chenaux d’accès des ports d’Owendo er de Port Gentil avec la pose des bouées de sauvetage modernes.
Tous ces projets, qui vise à moderniser la marine marchande gabonaise afin qu’elle devienne une référence mondiale nécessite l’investissement des moyens importants aussi bien financiers qu’une ressource humaine qualifiée. Une équation à plusieurs inconnus que devraient résoudre le Directeur générale de cette entité et ses équipes pour relever ce défi.
JCA.
















