Les conclusions du premier Conseil Supérieur de la Magistrature sous l’ère de la transition étaient très attendues. Et la tête du Procureur de la République près du Tribunal de Libreville était mise à prix par de nombreux détracteurs. Ce dernier a plutôt été maintenu dans ses fictions. Preuve qu’il mérite la confiance des autorités de la transition.

Si les interrogations fussent de part et d’autre sur le maintien en son poste de André Patrick Roponat, arguant pour raison qu’il a servi le pouvoir déchu pour régler les comptes aux adversaires des tenants de l’ordre ancien, la décision du dernier Conseil Supérieur de la Magistrature vient de démontrer le contraire.
En effet, le Président de la Transition, chef de l’Etat, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, qui connait le milieu comme le fond de sa poche, et qui maîtrise les contours de tous les grands dossiers de la République et surtout ceux liés à la justice, sait qui a fait quoi et qui peut faire quoi. C’est pourquoi il est souvent resté imperturbable face à la clameur populaire et ne cède souvent pas à certains appels de balle lorsque ceux -ci ne sont que le fruit d’une cabale montée de toutes pièces, donc injustifiée. Et le chef de l’Etat n’a pas cédé à ces appels à destitution du procureur de la République sous le fallacieux prétexte qu’il a joué en faveur du pouvoir Bongo-PDG.
Bien au contraire, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a été le patron des renseignements généraux sait qu’il peut compter sur la rigueur et la probité morale de André Patrick Roponat. D’une expérience avérée, le procureur Roponat est viscéralement attaché au strict respect des procédures, à l’application stricte de la loi et du respect de l’Etat de droit et des droits fondamentaux. Une posture qui lui permet de jouer le rôle de premier gendarme de la cité avec une main de fer dans un gang de velours
Pour un ancien magistrat retraité qui a requis l’anonymat, « André Patrick Roponat, que j’ai eu à encadrer dans ses débuts est un magistrat aujourd’hui accompli. Il concilie dans son travail la rigueur et l’humilité qui sont deux valeurs cardinales de la vie. Son maintien ne me surprend donc pas. Et ceux qui l’accusent d’avoir servi avec zèle n’ont vraiment rien compris du rôle d’un procureur de la République dans une cité. Ce qu’ils doivent tout simplement savoir c’est que parfois dans ces grands dossiers, c’est souvent un juge d’instruction qui décerne le mandat de dépôt à l’accusé. A partir de ce moment, le Procureur n’a aucun droit de faire avancer le dossier, ce n’est que lors des comparutions à la barre où il donne ses avis qui peuvent ou ne pas être suivis par les juges. Or tout le monde et surtout les profanes ne voient que le Procureur. Mais pour revenir sur André Patrick, le Président de la Transition peut compter sur lui pour une véritable restauration de la justice », nous a t’il confié.

Quoique l’on dise, l’on peut être sûr d’une chose. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema en reconduisant André Patrick Roponat à ses fonctions, a misé sur l’efficacité, la rigueur, l’expérience de ce dernier. Les différentes opérations judiciaires menées sous l’ère du Conseil pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), loin d’être une opération de chasse à l’homme, démontrent l’engagement du parquet de Libreville à jouer pleinement son rôle dans la restauration d’un État de droit. Ce maintien n’est donc pas une erreur de casting ou un passe droit comme veulent le prétendre certains qui n’ont aucune habilitation à juger les choix des plus hautes autorités.
J.C.A















