Au cours de la visite du propriétaire que le Directeur général des Douanes et Droits Indirects a effectué dans différents services, le Colonel Landry Mbondo a exigé des tous les agents douaniers, le port obligatoire de leur tenue. Une décision saluée à juste titre pour ramener l’ordre et la discipline au sein de cette administration, sauf que le nouvel homme fort ne s’est pas entouré de toutes les précautions pour que cet ordre soit exécuté sans grincements de dents des exécutants. Une décision qui ne tient pas compte des certaines réalités .

Les agents de douanes font partie des para-militaires, et c’est à juste titre que leur patron, militaire dans le sang, leur a exigé le port obligatoire de leur tenue. « je ne veux rien entendre. Tout le monde devrait désormais être en tenue » a martelé le Colonel Landry Mbondo à ses collaborateurs. Un retour à la normal puisque dans différents services douaniers, il était souvent difficile de différencier un agent, de l’usager. Une situation qui a souvent entretenu des usurpations de titres et la proliférations des faux-douaniers. La décision du Directeur général devrait alors être bien accueilli par les premiers concernés. Mais ces derniers évoquent le caractère précipitée de l’annonce.
En effet, selon plusieurs agents, les dotations en tenue remontent pour certains à une décennie, si non, un peu plus pour d’autres. Un douanier a même confié à nos rapporteurs qu’il ne se rappelait plus à quand remonte sa dotation. A partir de cet instant, comment les agents pourront-ils être en uniforme ?

Selon nos informations, il existe bel et bien un service équipement à la Direction générale des douanes et droits indirects, comme on en trouve au Commandement en chef de la police, de la sécurité pénitentiaire ou de la gendarmerie. C’est celui-ci qui devrait s’arranger pour fournir aux agents les équipements et autres uniformes. Or, il s’avère que les budgets conséquents ne lui sont pas alloués. D’où son incapacité à satisfaire la demande des agents en uniformes. Du coup, les douaniers ne sont plus habillés depuis les lustres contrairement à d’autres corps qui reçoivent deux ou trois dotations par an.
Face à cet ordre, les agents de douanes vont devoir se débrouiller comme de beaux diables à être « en tenue » appropriée. Pour y arriver, ils vont devoir recourir à des tailleurs particuliers pour se faire des tenues d’apparat ou alors chercher dans les circuits peu orthodoxes les tenues camouflets et autres chaussures appropriées.

Un douanier a tenu à préciser sous le couvert de l’anonymat que : « nous exiger le port de la tenue, c’est bien. Mais c’est encore mieux de s’assurer que nous avons les dotations requises. Se faire coudre une tenue chez un tailleur personne est illégal. En plus, le coût d’une tenue (jupe-pantalon et chemise) varie entre 80.000 et 120.000 FCFA. Nos primes ne sont pas payées depuis belle lurette et l’on nous exigé le port de tenue comme si c’est cela qui va résoudre les problèmes que les agents rencontrent au quotidien dans notre secteur d’activité », a-t-il rouspété.
Quoiqu’il en soit, et discipline militaire oblige, les douaniers se battent tant bien que mal et certains arborent déjà fièrement leur uniforme, en espérant que leur nouveau Directeur général sera aussi pragmatique dans la résolution des nombreux problèmes, surtout ceux liés à leurs droits, qui étaient depuis longtemps sacrifiés au mépris des règles et lois en vigueur. Une situation qui a plongé le douanier dans une sorte de paupérisation.
Josué Eloi
















