Au moment où la course contre la montre est engagée pour le dernier virage avant l’élection présidentielle qui aura lieu le 26 août, la rédaction du journal l’Objectif s’est donné le rôle de faire une radioscopie des différents candidats à cette élection. Leurs forces et faiblesses, ainsi qu’une analyse objective des ponts saillants de leurs programmes de société.

Décennie de la femme oblige, nous commençons cet exercice par une femme. Figure de proue de l’opposition, présidente de l’Union Nationale Paulette Missambo, qui brigue, pour la première fois, la magistrature suprême.
A la tête de l’Union Nationale à la suite d’une élection très disputée, Paulette Missambo, démocrate dans l’âme est une femme de conviction et défenseur des valeurs nobles de la société. Très modérée, elle est la caractéristique de ceux qui ne lâchent jamais prise, mais qui savent se mettre à l’évidence.
Portée candidate à l’élection présidentielle du 26 août prochain par son parti politique, la native de Mulundu au cœur de l’Ogooué-Lolo présente des forces qui font croire à de nombreux observateurs et analystes politiques qu’elle a les chances de décrocher la timbale au soir du 26 août. Sur le plan sociologique, en dehors du fait qu’elle soit une femme, Paulette Missambo est issue d’une des plus grandes ethnies du Gabon(Nzebi), elle a aussi une alliance avec les Fangs, à travers les liens de mariage avec Casimir Oye MBA, qui, même décédé reste une icône politique respectée au sein de cette communauté. Pour un sociologue qui a requis l’anonymat, « la candidate de l’Union nationale de l’Union nationale part favorite au regard des composantes sociologiques qui plaident en sa faveur » et d’ajouter, « le vote au Gabon ne se reposant pas sur la pertinence des programmes présentés par les différents candidats, ce sont les affinités et autres alliances qui rentrent en jeu. Et dans le cas d’espèce, Paulette Missambo réunit à elle seule deux composantes importantes en dehors des militants de l’Union Nationale acquis à sa cause. La première est la gente féminine. Les femmes par essence sont solidaires et une bonne frange fera parler cette solidarité envers leur sœur. La deuxième est la composante ethnique. Les Fang et les Nzebi constituent à eux-seuls, la majorité de la population du Gabon. Une donne non négligeable du fait que ces deux communautés peuvent faire basculer les pronostics en faveur de leur sœur, fille, maman, belle sœur, compte tenu des attelages et autres relations tissées par la candidat » précise notre analyste.

Une autre force de la candidate de l’Union Nationale reste sans doute son expérience dans la gestion de la chose publique. Plusieurs fois ministre sous le règne ‘Omar Bongo, Paulette Missambo a laissé des marques indélébiles positives partout où elle est passée. De l’Education nationale au Travail en passant par la Santé, elle a apporté des solutions à de nombreux maux qui minaient ces secteurs. Plusieurs de ses collaborateurs en garde de très bons souvenirs de ce haut commis d’Etat.
Fille de prolétaires, Paulette Missambo ne s’est pas amassée frauduleusement des deniers publics, ce qui justifie peut être son exclusion de la très longue liste des fortunés que compte le pays. Loin d’être un handicap, cette position pourrait conforter ses positions et lui attirer des sympathisants. C’est ce que pense l’un de ses fidèles compagnons. Pour lui, « Paulette Missambo n’est pas née avec une cuillère en or à la bouche comme certains. Son parcours est connu de tous. Et malgré les fonctions qu’elle a occupé au sein de la haute administration, elle s’est pas illustrée dans les détournements de fonds et un enrichissement illicite. Elle s’est toujours contentée de ce qu’elle gagnait honnêtement. Ce qui justifie la modestie de sa fortune » a-t-il expliqué.

Le Gabon à travers ces élections est donc à la croisée des chemins. Et une fausse manœuvre risque de le projeter dans un précipice d’où il sera difficile de le tirer. La stabilité et un véritable élan de développement du pays dépendront des qualités intrinsèques de celui qui sera déclaré élu au soir du 26 août. Ce dernier devrait être rassembleur et unificateur, capable de défendre valablement et sans compromis les intérêts du Gabon sur le plan international. Un modéré, non assoiffé de s’éterniser au pouvoir et capable d’assumer une alternance démocratique sans tripatouiller à chaque fois la loi fondamentale, d’une intégrité reconnue, doublée d’une forte expérience dans la gestion des affaires publiques.
A regarder le pedigree des différents candidats à cette élection, l’on se rend bien compte que Paulette Missambo rassemble en elle ces critères et sort de lot. Au regard de son âge et son tempérament, elle ne pourrait pas nourrir l’ambition de s’éterniser au pouvoir. Mieux, au cas où elle serait déclarée élu, son mandat constituerait une transition douce qui permettait de remettre le pays sur les rails de la vraie démocratie. Le tempérament modéré de la candidate pour garantir les lendemains meilleurs au pays et à sa population sans aucun risque de règlement de compte ou de chasse aux sorcières. Ce qui garantirait la paix et la stabilité au lendemain de cette élection qualifiée à haut risque.
J.C.A















