Comme surprise générale. Elle en fut véritablement une. La nomination de Moussavou Ibouanga Pamphile comme Premier président de la Cour des Comptes à l’issue des travaux du Conseil Supérieur de la Magistère délocalisé à Port Gentil. Une promotion qui arrive au moment où cette juridiction financière est sous les feux des projecteurs à travers le dossier des 1700 milliards de FCFA de débets et amendes rendus publics par son prédécesseur.

C’est une Cour des Comptes en pleine tempête qui vient d’être confiée à Moussavou Ibouanga Pamphile. Une tempête née à la suite de la publication d’un rapport de cette Cour, qui révèle l’astronomique somme de 1700 milliards que les personnes physiques bien identifiées seraient redevables vis-à-vis l’Etat sous forme des débets et amendes. Une date butoir a même été fixée par le Président de la République pour que les débiteurs règlent leurs ardoises. Le dossier soulève un débat qui divise l’opinion . Entre ceux qui saluent la démarche de la Cour des Comptes dans sa volonté d’assainir la gestion des fonds publics, et ceux qui la critiquent au regard des nombreuses zones d’ombres qui entourent la liste des personnes épinglées.
Le départ annoncé (moins d’un an après sa prise de fonction) d’Alex Euv Moutsiangou, considéré comme le héros qui a mis un coup de pied dans la fourmilière et surtout sa détermination à traquer les fossoyeurs des deniers publics vient encore envenimer cette polémique. Sanction ou simple hasard de calendrier ? L’opinion s’interroge.

Pas de période d’observation
C’est dans cette ambiance que rentrera en scène Moussavou Ibouanga Pamphile, Magistrat hors hiérarchie, dépeint par ses collègues comme un magistrat rompu à la tâche, qui allie rigueur, professionnalisme et probité. Dans le bain de l’action, il hérite de ce dossier des 1700 milliards qui visent près de 700 personnes dont l’opinion attend l’aboutissement. Une véritable patate chaude que devrait gérer le nouveau Premier président de la Cour des Comptes avec une grande dextérité, pour qu’aucune partie ne soit laissée. Un test de grandeur nature pour son entrée en matière au cœur de la Cour des Comptes.
Restauration de la Cour au menu.
Au-delà de ce dossier très suivi par l’opinion, c’est l’institution financière en générale qui reste le grand défi du promu. Longtemps considérée comme, impuissante, passive et inactive dans son rôle de moralisation de la gestion des finances publiques. la Cour des Comptes, de mémoire collective, n’avait jamais frappé le moindre indélicat alors que les scandales liés au détournement des fonds publics sont le lot quotidien. Moussavou Ibouanga Pamphile devrait alors impulser une nouvelle dynamique pour restaurer cet outil de promotion de la bonne gouvernance qui est longtemps restée sans véritable visibilité. Et au regard de la détermination du Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema qui promeut une tolérance zéro contre les détournements des fonds publics et la mauvaise gouvernance, Moussavou Ibouanga Pamphile sait qu’il a du pain sur la planche et devrait tout mettre en œuvre pour relever ce pari. Lui qui connait la maison Cour des Comptes pour avoir assumé plusieurs responsabilités en son sein. Un choix stratégique qui colle aux exigences de l’heure. Mais c’est au pied du mur que l’on jugera le maçon.
Par J.C.A















