La saisine de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), par le truchement des avocats d’Hervé Patrick Opiangah – qui est victime d’un harcèlement politico-judiciaire qui l’a contraint à l’exil -, va sans doute révéler aux yeux du monde entier l’image d’un pays qui foule aux pieds les principes inviolables des Droits de l’Homme et des libertés individuelles. Une affaire qui placera certainement le Gabon sur le banc des « douces » dictatures.

En refusant de dire le droit dans l’affaire dite « Opiangah » – qui défraie la chronique depuis six mois -, la justice gabonaise a-t-elle décidé de vendre la honte aux chiens et d’exposer le pays à la risée de la communauté internationale ? C’est l’impression qui se dégage, au regard de la posture adoptée par les instances judiciaires nationales en charge de ce dossier.
En effet, le feuilleton dans lequel Hervé Patrick Opiangah fait l’objet d’une traque politico-judiciaire a mis en lumière les errements d’une justice au service du politique qui règle des comptes aux adversaires politiques. Malgré la démonstration scientifique qui établit clairement que rien ne pouvait justifier le déclenchement des poursuites judiciaires entamées contre Opiangah , avec une procédure viciée en elle-même et des accusations infondées -, le feuilleton se poursuit. La justice reste droite dans ses bottes, en refusant de prononcer le non-lieu et en prenant en otage le dossier qui devait être transmis à la Chambre d’accusation.
Ce jusqu’au-boutisme conduira le Gabon à s’expliquer, dans les tout prochains jours, devant la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Au regard des éléments dont disposent les avocats d’Opiangah et du sérieux de ce gendarme des Droits de l’Homme en Afrique, sans l’ombre d’un doute, le Gabon y laissera des plumes. Les avocats, Maîtres Marc et Julien Bensimhon, disent avoir réuni près de 65 pièces qui démontrent que leur client est victime d’un complot politique. Ils ont affirmé avoir déposé la requête à la CADHP avec toutes les preuves matérielles de ce qu’ils dénoncent. « Nous sommes un Cabinet qui ne dépose de requête que si nous avons les éléments de preuves de violations flagrantes des Droits de l’Homme qui ont été commises », a précisé Maître Marc Bensimhon.

Les avocats d’Opiangah disposent de pièces suffisantes pour confondre la justice Gabonaise devant la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
Comment le Gabon, à travers sa justice partiale qui ne dispose d’aucun élément capable de justifier ces violations flagrantes des Droits de l’Homme – dont l’atteinte au droit à la vie, à la liberté et à la sûreté d’Hervé Patrick Opiangah -, pourra s’en sortir face à la justice internationale ?
Selon un magistrat membre du Syndicat National des Magistrats du Gabon, « l’intransigeance de ceux qui ont la charge de ce dossier, qui n’en est pas un, ne se saurait se justifier. Maintenant que l’instance africaine est saisie, le chemin ouvert permettra que, toutes les frasques observées dans ce feuilleton, soient portées à l’international », a-t-il relevé d’entrée de jeu. Puis, il a exprimé son malaise : « c’est dommage que cette affaire ait pris une telle ampleur. Cela n’avait pas lieu d’être. C’est regrettable qu’aucune voix ne se soit levée pour ramener la sérénité ; la sagesse nous conseille de laver le linge sale en famille. Malheureusement, notre justice a choisi de desservir le Droit pour défendre des faits qu’elle n’arrive pas à démontrer ».


D’après ce magistrat expérimenté, « l’issue de cette saisine sera une cuisante humiliation pour le Gabon, sur le plan international. Ne disposant d’aucun argument plausible, il est impossible d’échapper à moult sanctions. Des sanctions contre le Gabon et contre les individus impliqués dans cette mascarade », a-t-il expliqué.
Avec cette épée de Damoclès que le Gabon a au-dessus de sa tête, notre interlocuteur appelle les plus Hautes Autorités à revenir à de meilleurs sentiments. « Le Gabon a encore le temps de se ressaisir et de rétablir Monsieur Hervé Patrick Opiangah dans ses droits. Cela passe par l’arrêt de toutes ces poursuites arbitraires et la sécurisation de son retour. En suivant ce conseil, le Gabon sortira grandi de cette épreuve. Le contraire serait déplorable car il marquera, la première page de l’Histoire de la 5ème République, du sceau de l’humiliation », a-t-il conclu.
Par Cresas Bidza bi Nfong















