Après la sortie de l’Union pour le Développement et l’Intégration Sociale (UDIS) Parti politique dont Hervé Patrick Opiangha, est président fondateur, sortie au cours de laquelle le parti a dénoncé ‘’un attentat politique’’ contre son leader, des langues continuent à se délier pour exiger son retour sans conditions et surtout avec les garanties de sa sécurité. C’est du moins ce que pense un acteur politique gabonais qui a requis l’anonymat, qui estime que « le problème d’Opiangha est politique, la solution devrait donc aussi être politique » .

La liberté d’opinion est-elle dangereusement menacée au point que de nombreux observateurs qui ont à dire où à redire sur des sujets d’ordre public préfèrent se taire à défaut le faire de manière anonyme et à visage voilé ? C’est l’impression qui se dégage au regard de la méfiance qu’affichent ceux qui veulent s’exprimer sur certains sujets sensibles. C’est le cas de cet acteur politique, Sociologue et enseignant des Universités, qui s’est dit vouloir éviter les représailles du régime militaire actuel au cas où son identité venait à être révélée.
C’est donc sous le couvert de l’anonymat que notre interlocuteur a donné son avis sur le désormais feuilleton Opiangha, qui prend désormais des allures d’une affaire d’Etat suite à ses différents rebondissements.
Pour lui, « L’espoir qui est né au petit matin du 30 août avec le rêve d’un nouveau Gabon ne devrait pas se transformer en cauchemar, avec des pratiques décriées et condamnées du régime déchu » s’est inquiété d’entrée de jeu notre interlocuteur, qui pense que « Le pouvoir de la Transition doit rompre avec les mauvaises pratiques d’antan et rentrer dans une nouvelle ère. Et comme ils ont eux-mêmes choisi les termes de référence de leur vision basée sur la restauration des institutions, tous leurs efforts devraient aller dans le sens de cette ferme volonté de restauration » a-t-il souligné, avant de déplorer que, « Depuis un certain temps, l’impression qui se dégage est que la mission de restauration est désormais renvoyée aux calendres grecs, au point où tout semble être comme avant et peut-être même pire ».
Revenant ce qu’on appelle désormais l’affaire Opiangha, l’acteur politique, proche pourtant des autorités militaires actuelles estime que « Le spectacle que nous offre la justice est humiliant pour notre pays, et prouve à suffisance que nous sommes loin de sortir de l’auberge ». Il poursuit en démontrant qu’au lendemain du 30 août 2023, la présence active d’Opiangha à côté des militaires a fini par convaincre du rôle majeur jouer par ce dernier pour renverser le pouvoir Bongo-PDG. Mieux sa présence dans le premier gouvernement de la Transition était une preuve de plus qui ne faisait plus place à aucun doute du rôle jouer par l’enfant terrible de Mounana. « D’où viennent alors les discordes » ? S’est interrogé notre interlocuteur, qui pense que, « en tant qu’acteur politique et sachant comment ces choses se passent, j’ai l’intime conviction que les promesses n’ont pas été tenues dans un côté. Parce que rien ne peut justifier que celui avec qui vous étiez bras dessous, bras dessus pour une opération de cette envergure, devienne du jour au lendemain un pestiféré voué aux gémonies », a-t-il regretté. Pour lui, « Le plus inquiétant est la légèreté avec laquelle la justice sensée être indépendante s’est lancée aux trousses de l’ancien ministre des mines. Et je ne voudrais pas m’étendre sur cette procédure, puisque les éléments rendus publics par le Procureur de la République lui-même pour engager les poursuites ont été un grossier montage cousus de fil blanc. La déclaration faite par les responsables de son parti en disent long sur les motivations du parquet de la République, qui a voulu prêté main forte pour neutraliser Opiangha. Et c’est à ce niveau là qu’on ressent des mêmes pratiques du pouvoir déchu. On a vu sous le régime d’Ali Bongo Ondimba, la justice régler des comptes à ses adversaires politiques. Bertrand Zibi Abeghe, très proche d’Oligui Nguema en sait quelque chose, et son silence me laisse perplexe. Bref, ce n’était pas très élégant pour la justice de se salir les mains de cette manière dans une affaire à connotation politique», a martelé notre interlocuteur, qui au passage rappelle que Hervé Patrick Opiangha, est un justiciable comme tous les autres citoyens et devrait donc bénéficier d’un procès équitable et juste.

Face à cette soumission aveugle de la justice vis-à-vis de l’exécutif, cet observateur avisé lance un appel aux acteurs politiques de tous bords. « L’attitude passive de nombreux hommes politiques sur ce dossier n’est pas compréhensible. J’ai la faiblesse de croire que c’est de manière fortuite qu’Hervé Patrick Opiangha a lancé ce cri de détresse, appelant à la sagesse de certains hommes et femmes politiques plus ou moins proches du Président de la Transition. Ces personnes ont-elles jouer le rôle des bons offices auprès du Chef de l’Etat, pour ramener l’accalmie et la sérénité entre deux acteurs clés de la Libération ? Difficile de la savoir. Toujours est-il que ce problème est purement politique. Et le fameux ‘’Mon général, c’est pas ce que nous nous sommes dits’’ suivi du non au projet de constitution est l’élément déclencheur de cette chasse a l’homme qui n’honore et vraiment là, pas du tout ce pouvoir de la Transition. Un illustre politicien, André Mba Obame pour ne pas le citer avait, au paroxysme de la crise électorale issue de l’élection de 2009 et après sa prestation de serment et la formation d’un gouvernement parallèle qui avait conduit son équipe et lui à s’exiler dans les locaux du PNUD, invité le pouvoir de l’époque qui voulait à tout pris mettre la main sur eux, à ‘’Trouver une solution politique à cette crise qui était elle aussi politique’’. Et pour que l’accalmie revienne, les deux comparses qui se connaissent devraient faire la paix de braves, pour le bien de tous » a-t-il exhorté, avant de conclure en disant que « Ne pas le faire maintenant, pourrait conduire à des regrets plus tard ».

Voilà l’avis d’un observateur averti. Aux acteurs politiques et autres sages de prendre leur responsabilité pour faire entendre raison de part et d’autre. Car, même si certains font semblant de l’ignorer, les conséquences de cette cabale sont graves pour des milliers de familles gabonaises qui se retrouvent victimes collatérales d’une situation qui ne les intéresse pas. Il est donc temps de garantir la sécurité pour retour d’Opiangha et trouver une solution politique à ce problème politique.
Par Petit Christ O















