Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Hervé Patrick Opiangha reste l’un des meilleurs acteurs politiques de sa génération. Le Président de l’Union pour la Démocratie et l’Intégration Sociale (UDIS), et capitaine d’industrie est toujours resté lucide, penchant toujours sur le bon côté lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts de la nation, au point qu’il est souvent difficile de le situer sur l’échiquier politique nationale. Malgré ses détracteurs qui clamaient son incompétence, Hervé Patrick Opiangha en quelques mois à la tête du ministère des Mines a marqué d’une empreinte indélébile son passage. Qu’est ce qui peut donc justifier sa sortie brusque de ce gouvernement alors que tous les indices étaient favorables à un essor de ce secteur ? C’est la question que de nombreux observateurs se posent toujours.

Pour justifier cette sortie inattendue, certains ont évoqué le conflit d’intérêts entre les activités privées de la Holding HPO & Associés et le département ministériel des Mines. Comme si, ceux qui l’ont promu au gouvernement ignoraient toutes les activités entrepreneuriales que mène Opiangha depuis plusieurs décennies. Mais pour plusieurs observateurs, ce fut, soit une bourde managériale du Président de la Transition, ou alors celui-ci a été trompé.
Selon un analyste politique qui s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat « la sortie d’Hervé Patrick Opiangha du ministère des Mines a été une aberration. Puisque parmi tous les membres du gouvernement à ce moment, i’unique qui avait réussi en si peu de temps de concrétiser de nombreux actes. Nous ne citerons que l’appropriation par des nationaux de l’exploitation artisanale de l’or à travers une campagne d’immatriculation national des cartes d’Exparts. Une opération qui a permis à plusieurs nationaux de sortir de l’exploitation illégale. Mieux, lors de son passage à l’émission télévisée ‘’Le Grand Débat’’, le ministre a étalé une vision claire de la gestion de ce secteur. Il a été d’ailleurs jusque là, l’un des membres du gouvernement qui a brillamment passé ce grand oral. Sa sortie du gouvernement était incomprise par de nombreux compatriotes, même si elle été célébrée par ses nombreux détracteurs » a-t-il affirmé, avant d’ajouter que ‘’Le président de la Transition s’est séparé de l’un des meilleurs membres de ce gouvernement. Parce que Hervé Patrick Opiangha a démontré son pragmatisme et sa rigueur dans la gestion des affaires. C’est ce qui justifie d’ailleurs la prospérité de ses investissements » conclut-il.

Même si les vraies causes cette sortie ont été maquillées, il revient que c’est sa rigueur dans le traitement des certains dossiers jugés sensibles qui ont déclenché ce remaniement aux allures de règlement de comptes et d’humiliation. Selon l’un de ses proches collaborateurs, « Le ministre Opiangha a été victime de sa rigueur. Le fait de niet à la volonté d’augmentation de la production du manganèse par COMILOG a été le véritable motif de son limogeage. En effet, le ministre pour garantir une exploitation rationnelle du manganèse pour les générations futures a émis une fin de non recevoir à la demande à la hausse de plusieurs millions de tonnes par an supplémentaires du manganèse. A travers cet acte le ministre Opiangha a signé son arrêt de sortie du gouvernement. Pour preuve, le gouvernement a accédé à la demande de Comilog, filiale du groupe français Eramet. Pour maquiller cet entourloupe, certains ont évoqué un conflit d’intérêts qui n’existe nulle part » a rassuré cet ancien collaborateur du ministre. Avant de clarifier que : « Le ministre Opiangha a même fait preuve d’une certaine probité morale en refusant l’exploitation abusive sollicitée par Comilog, ou certaines de ses entreprises sont en sous-traitance. La thèse d’un conflit d’intérêts ne peut donc être soutenue » a-t-il conclu, l’air visiblement débité.

Sur un tout autre plan, notamment politique, Hervé Patrick Opiangha s’est distingué par la pertinence de ses positions. Pour un haut cadre du Parti démocratique gabonais (PDG), parlant du président de l’UDIS, déclare : « Opiangha n’est pas du genre à rester sur des lignes figées. On l’a vu dans le cadre de la majorité présidentielle qui soutenait le président Ali Bongo Ondimba. Et ses multiples sorties avant l’élection présidentielle d’août dernier où il tirait la sonnette d’alarme démontrent à suffisance son objectivité et le sang froid avec lesquels il analyse les sujets d’intérêt. De plus, Opiangha n’est pas en politique pour des intérêts égoïstes comme la plupart des acteurs politiques. Il y est par amour pour la patrie et pour le bien être des populations. La sagesse aurait voulu que le président de la Transition le garde à ses côtés au lieu de tenter de l’humilier » a déclaré cet ancien député, membre influent du PDG.

Quoiqu’on dise, Opiangha restera un acteur politique qui aura toujours son mot à dire. Le rôle qu’il a joué au lendemain du coup d’État du 30 août a permis de briser les murs entre les principaux acteurs politiques et les militaires qui venaient de prendre le pouvoir. Il a même était au cœur des tractations pour la nomination de certaines personnalités. Mais pour l’un de ses proches, « Le plus grand plaisir du président Opiangha c’est de donner le travail à des milliers des Gabonais pour l’amélioration de leurs conditions de vie. C’est pourquoi il se déploie à diversifier les secteurs d’activités capables de donner de l’emploi. Il n’est pas acteur de la politique politicienne ». Un exemple à suivre pour les politiciens et les politicards.
N.B : Pour des raisons de sécurité, nos interlocuteurs n’ont pas voulu faire révéler leurs identités.
Par Jorhes Doukaga















