Le vent de liberté qui a soufflé à la suite du renversement du pouvoir d’Ali Bongo Ondimba par les militaires a mis à mal de nombreuses entreprises, du fait des mouvements d’humeur improvisés observés dans ces nombreuses sociétés. Une situation qui inquiète de nombreux investisseurs qui ne se sentent plus en sécurité. Les autorités du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions devront rétablir la confiance de ses « apporteurs d’affaires » tout en veillant au respect des droits des travailleurs.

De la Zone Économique Spécial de Nkok, (GSEZ) à la Société des Brasserie du Gabon (SBG) en passant la Société des Terminales à Conteneurs d’Owendo (OCT), Gabon Mining, et bien d’autres sociétés, des grèves ont éclaté dans de nombreux secteurs d’activités, au point où l’on croyait à une vague déferlante qui allait emporter une bonne partie de ces entreprises du faits des revendications posées.
Le plus inquiétant est que ces mouvements d’humeur, pour la plupart se faisaient sous forme d’anarchie où les règles étaient volontairement foulées au pieds par les manifestants. Des violences physiques ont même été enregistrées dans certaines entités, et une escalade verbale vis-à-vis des employeurs enregistrée dans d’autres secteurs. Le vent de la liberté a failli tourner en celui libertinage, où chacun pouvait faire à sa tête.
Le pire dans ce cafouillage a été l’humiliation de certains chefs d’entreprises qui ont été, sans aucune autre forme de procès, arrêtés Manu militari devant leurs employés et conduits dans les unités d’enquêtes. Certains d’entre eux garderont a vie les stigmates de ces traitements dégradants.

Des faits assez graves qui ont entaché la destination Gabon auprès de nombreux investisseurs. En effet, rien ne justifiait cette levée de bouclier au lendemain de la prise de pouvoir par les militaires. Bien au contraire, les différentes structures de défense des intérêts des travailleurs devaient s’organiser à poser leurs points de revendication de manière responsable et tenter avec les nouvelles autorités de trouver les solutions acceptables par toutes les parties. Ayant à l’esprit que tout ne peut être régler à la fois.

La descente du Premier ministre, Chef du gouvernement Raymond Ndong Sima, accompagné de certains membres de son gouvernement à la Zone économique spéciale de Nkok, qui était au bord de l’explosion a permis de calmer les ardeurs et de ramener sur terre les grévistes incontrôlés. Le Premier ministre a tenu un langage franc à ces derniers qui étaient près à tout brûler.
A la suite de tout ce qui s’est passé dans cette zone économique à forte potentialité d’investisseurs étrangers, notamment: le refus de travailler des employés pour exiger une hausse des salaires, intrusion de certains employés de la zone dans les usines pour empêcher les autres employés de travailler et maintenir la grève en vue d’exiger des opérateurs des augmentations de salaires, et bien d’autres agressions physiques et verbales, le chef du gouvernement a été très clair.
« Je suis venu ici pour rappeler un principe. Nous sommes un pays de droits. Nous avons besoin de faire de la transformation chez nous. Nous avons besoin de créer de la valeur ajoutée, nous avons besoin des investissements. C’était un principe central sur lequel je voudrais que vous soyez tous convaincus de ce principe”. Et d’ajouter « (…) les investisseurs mais pas seulement les investisseurs, tout être humain dans notre pays doit être protégé. Toute personne qui est ici doit être protégée. Cela veut dire que nous ne devons pas enfreindre les droits des individus, qu’il soit gabonais ou non gabonais. », avant de présenter les excuses aux victimes des abus relevés durant ces jours sombres. « La manière de poser les problèmes ne devrait pas remettre en cause notre outil de travail mais d’envisager les pistes de solution. », car « Des hommes raisonnable ne se cherchent pas des problèmes, ils se créent des solutions. » a exhorté Raymond Ndong Sima à l’ensemble des parties prenantes de cette zone.

Une sortie qui a rassuré plus d’un opérateur économique. En effet, à qui devait profiter la fermeture des usines et autres industries qui emploient des milliers de Gabonais dans cette zone?
Et comme l’a si bien souligné le Premier ministre lors de cette descente sur le terrain, les problèmes peuvent se poser, mais chacun devrait user de sagesse pour trouver les solutions qui arrangent toutes les parties. Et c’est à ce niveau que se situent les défis des nouvelles autorités, qui ne devraient pas suivre la clameur populaire, mais chercher à trouver des sorties de crises qui garantissent les investissements sans laiser les travailleurs qui sont les producteurs de la valeur ajoutée. Faire le contraire réduira les chances du Gabon d’attirer les investisseurs . Ce qui aura pour conséquence la hausse du taux de chômage qui sera sans doute une épine dans les souliers du CTRI.
Achille Essono
















