La confusion qui règne ces derniers temps à la Zone économique de Nkok et qui a conduit à des mouvements d’humeurs des employés, est la résultante de l’inopérationnalité des services compétents de l’administration. En y érigeant cette zone, l’investisseur (GSEZ) avait prévu une Autorité Administrative de la Zone Économique à régime privilégié de Nkok (A.N.A) où logent tous les services de l’Etat qui concourent à la bonne marche des activités de cette zone. Force est de reconnaître aujourd’hui que cette autorité administrative, gendarme des activités à Nkok n’a véritablement pas rempli ses missions.

Les mouvements d’humeurs qui ont fortement perturbé les activités dans la zone économique de Nkok peuvent laisser croire que cette zone est une véritable jungle, une zone de non droit où les employeurs dictent leurs lois, et où les employés doivent se défendre par tous les moyens. Au regard des réalités des faits, il n’en est pas question. Dans cette zone, une Autorité Administrative y est installée et a pour principale mission de ‘’coordonner, superviser et assurer la tutelle opérationnelle du fonctionnement de toutes les administrations et services de l’Etat installés au sein de GSEZ’’. Tous ces services, regroupés dans un bâtiment devraient favoriser le règlement des conflits et favoriser le bon déroulement des activités.
Au sein d’un guichet unique, qui regroupe près 23 corps administratifs, l’on note que certains services remplissent convenablement leurs missions, à l’exemple de l’Agence Nationale pour Promotion des Investissements (ANIP) qui permet la création d’une entreprise en 24 heures, où encore les services de l’immigration et de la documentation qui délivrent les titres de séjours aux expatriés exerçant dans la zone.
L’on pourrait donc s’interroger sur le rôle que joue par exemple le bureau du ministère du travail, qui devrait veiller au respect strict des dispositions règlementaires applicables dans les zones économiques. Mais l’on constate pour le déplorer que de nombreuses violations de ces dispositions sont constatées.

C’est à croire que ce démembrement du ministère du travail, installé au sein de GSEZ ne joue véritablement pas son rôle. L’on pourrait aussi s’interroger sur l’efficacité des représentants de la CNSS et CNAMGS installés dans cette zone, si l’on entend toujours des cris des travailleurs sur le non versement de leurs cotisations dans ces assurances.
En somme, les dérives et autres manquements en matière de traitement des ouvriers ne peuvent incomber à GZES qui en réalité ne dispose pas d’une main d’œuvre conséquente à Nkok, c’est plutôt l’Autorité Administrative de Nkok qui devrait veiller au respect des normes et règlements. Elle devrait donc répondre de toutes les anomalies constatées dans cette zone. Pour Didier Douzaillon, Spécialiste des zones franches « une zone économique comme celle de Nkok ressemble à un État dans un État, en ce sens que tous les services de l’Etat y sont représentés à quelques exceptions près. L’on retrouve donc les services des douanes, des impôts, du commerce, de la consommation, du travail, de l’emi-immigration, des assurances, des banques et bien d’autres. Ces structures devraient valablement jouer leurs rôles dans ces zones. L’administration centrale n’intervient qu’en cas de force majeur. Vous comprenez donc que l’on ne devrait pas trouver dans ces zones un travailleur expatrié qui n’est pas en règle avec un titre de séjour et une autorisation de travail réglementaire. Dans le cas échéant, à qui la faute ? GZES n’est donc pas responsable des irrégularités, vis de formes et autres injustices observées à la zone économique de Nkok. Les services compétents installés au guichet devraient convenablement jouer leur partition pour éviter que les problèmes de cette zones sortent », a-t-il expliqué.

L’Autorité Administrative de la Zone Économique à régime privilégié de Nkok à travers ses différents services devrait donc être plus opérationnel pour mieux gérer les 144 investisseurs venant de 17 pays, qui opèrent dans 22 secteurs différents avec plus de 8.000 emplois directs. Continuer dans le pilotage à vue risque ternir l’image de cette zone qui fait la fierté du Gabon.
Major Arorouna
















