Le 07 novembre 2025 restera une date dans les annales des activités de la société civile au Gabon, à travers la motion de soutien envoyé à l’égard de la justice de ce pays. Un soutien qui traduit la volonté de ces acteurs à voir la justice jouer véritablement son rôle dans un État de droit et de démocratie avec le respect des principes fondamentaux.

À la veille de l’ouverture du procès qui cristallise toute les attentions, notamment celui de Sylvia Bongo Ondimba, de son fils Noureddine Bongo Valentin et d’autres personnalités du pouvoir déchu, la société civile gabonaise vient d’accomplir un geste inédit. Celui de réunir toutes les composantes de celle-ci au sein de la “Société Civile Gabonaise – Forces vives de la nation”. Objectif, adopter une motion de soutien à la Justice, un texte fort qui réaffirme l’importance du pouvoir judiciaire dans la stabilité du pays et la consolidation de la démocratie.
Cette initiative, une première depuis l’existence de la Justice gabonaise, vise à rappeler que le pouvoir judiciaire agit au nom du peuple et pour le peuple, et que son indépendance est un fondement non négociable de l’État de droit.
Par cette motion, les acteurs associatifs, syndicaux, religieux et économiques signataires expriment leur soutien total et indéfectible à la Justice nationale.
Ils condamnent fermement les attaques, insultes et propos diffamatoires circulant sur les réseaux sociaux contre les institutions judiciaires, notamment ceux attribués à Madame Sylvie Aimée Marie Valentin Bongo Ondimba et à Monsieur Noureddine Bongo Valentin.
“La Justice ne doit pas être un champ de bataille politique, mais le refuge de la vérité et de l’équité”, peut-on lire dans la déclaration.
Les signataires appellent également tous les citoyens, les médias et les acteurs politiques à la retenue et au respect, afin de préserver la cohésion nationale.
Un acte inédit dans l’histoire de la République
Selon plusieurs observateurs, il s’agit d’un tournant historique : jamais auparavant la société civile gabonaise n’avait pris position publiquement pour défendre la Justice.
Ce geste symbolise une prise de conscience collective : celle du rôle de la société civile comme gardienne des institutions républicaines, aux côtés des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
En rendant hommage aux magistrats et personnels de justice “qui œuvrent avec courage et dévouement au service du peuple gabonais”, le texte met également en lumière le besoin de renforcer les moyens et l’indépendance du système judiciaire.
La motion ne s’arrête pas à une déclaration d’intention : la société civile affirme être prête à ester en justice contre toute personne portant atteinte à la souveraineté de l’État ou incitant à la haine contre les institutions.
Ce positionnement marque la naissance d’un nouveau pacte citoyen autour de la Justice. Il ouvre la voie à un dialogue renforcé entre les institutions et la société civile, dans l’objectif commun de bâtir un État de droit plus solide et plus respecté.
Gageons seulement que cet engagement ne sera pas à géométrie variable et cette société civile engagée saura tirer la sonnette d’alarme lorsque la justice sortira des sentiers battus.
Sur les notes de J.K.M












