La restauration de la dignité des Gabonais, l’un des engagements martelée par les nouvelles autorités après le coup d’Etat du 30 août 2023, n’était-elle qu’un simple slogan de propagande, pour mieux séduire de nombreux compatriotes ? C’est la question que de plus en plus de Gabonais se posent. C’est l’impression qui se dégage au regard des conséquences sociales dramatiques qui impactent des pans entiers de la population, suite à des décisions et des actions irréfléchies, prises par le pouvoir, depuis l’instauration de la 5ème République.

En effet, des milliers de familles gabonaises viennent d’être sauvagement expulsées de leurs habitations qui ont été littéralement détruites et rasées à coup de bulldozer, sans préavis et sans mesures d’accompagnement pour la majorité de ces victimes, qui considèrent que leur « bourreau » n’est autre que l’actuel gouvernement.
Une situation inédite, qui ne s’est jamais produite, ni au Gabon, ni dans aucun autre pays de l’Afrique centrale, ainsi que l’a souligné Jean-Rémy Yama au cours d’une conférence de presse où il a dénoncé sans ambages la brutalité de l’Etat.
Sans entrer dans les multiples hypothèses et autres analyses autour de ce drame, l’opinion nationale condamne fermement cette agression de masse, qu’aucune raison ne saurait justifier. Dès lors, peut-on croire que l’Etat aurait agi en faveur ou dans l’intérêt de sa population ?
L’histoire retiendra une seule chose : le premier gouvernement de la 5ème République, en confondant vitesse et précipitation, vient de jeter, sans humanisme, à la belle étoile des milliers de Gabonais, occasionnant ce faisant, d’innombrables dégâts aux conséquences dramatiques immesurables!
Est-ce là le premier acte de la restauration de la dignité promise lors de la campagne de l’élection du 12 avril dernier, où la population a plébiscité le « Candidat-bâtisseur » à près de 95% des suffrages exprimés?

Quoique plus visible et plus révoltant, le scandale de Plaine-Orety n’est pas la seule atteinte à la dignité du citoyen gabonais. Une autre injustice, tout aussi flagrante, a plongé, inexplicablement, des milliers de Gabonais dans la précarité, du fait de leur mise au chômage programmée, à travers la persécution de leur employeur. Il s’agit, bien évidemment, de ‘’l’affaire Opiangah’’.
En effet, suite à une persécution politico-judiciaire qui avait pour seul but de faire taire Hervé Patrick Opiangah, celui-ci, pour sauver sa peau, a réussi à prendre le chemin de l’exil. Dans une confusion entretenue et alimentée dans l’ombre, toutes les entreprises de HPO ont été mises sous scellés par la puissance publique, mettant en péril plus de 6500 employés.
Depuis près de 7 mois, 7 longs mois, des responsables de familles se retrouvent sans salaire, donc dans l’impossibilité absolue d’assumer leurs charges… Selon une source proche du milieu, « Depuis près de sept mois, nous sommes en arrêt d’activité à la suite du départ précipité de notre patron et de la fermeture par les services de l’Etat de nos sites de travail. Cette situation, qui est arrivée subitement, a réduit de nombreux employés de la Holding HPO & Associés à une précarité indescriptible. De nombreux enfants n’ont pas pu terminer leur année scolaire ; les parents d’étudiants à l’étranger ne peuvent plus subvenir à leurs charges ; ceux qui sont locataires sont chassés des maisons par leurs bailleurs ; nous avons enregistré des cas de collègues qui ont fait un AVC, et autres dépressions. En définitive, nous sommes devenus des clochards, par la volonté du politique », a-t-il conclu, au bord des larmes.

Une situation qui perdure… et qui n’émeut ni les politiques, qui ont décidé de faire disparaître Opiangah, ni – encore moins – la justice qui, malgré toutes les preuves qui plaident en faveur d’un non-lieu à l’endroit d’Opiangah, s’obstine à maintenir des poursuites a priori impossibles. Cependant que les victimes s’accumulent de jour en jour depuis sept mois !
Voilà donc deux gros scandales qui font des victimes par milliers, et qui démontrent clairement que la restauration de la dignité des Gabonais n’est qu’un leurre, qu’elle n’est pas du tout une priorité de la 5ème République. Plus de 6500 employés livrés au chômage, alors que ces braves pères et mères de familles trouvaient leurs comptes et assumaient leurs multiples responsabilités grâce aux activités professionnelles créés et offertes par Hervé Patrick Opiangah, dont les différentes entreprises étaient réputées être la plus grande poche pourvoyeuse d’emplois du secteur privé ! Quand on songe au nombre de personnes qui dépendent au quotidien d’un actif, on peut aisément imaginer le drame que vivent ces familles, et l’ampleur de la cruauté ainsi provoquée et entretenue.

Pour un psychologue qui s’est exprimé sous couvert de l’anonymat, « Le déguerpissement inhumain des populations qui fait l’actualité ces derniers jours, ainsi que la mise en chômage forcé de milliers d’employés à travers l’affaire Opiangah sont de véritables crimes contre l’humanité, et peuvent être assimilés à des génocides programmés par les pouvoirs publics. » Puis, il a tranché en ces termes qui donnent à réfléchir : « Toute politique qui ne fait pas du bien-être de l’homme une priorité est une hérésie. Mettre consciemment à la belle étoile et au chômage des milliers d’hommes, femmes et enfants sont des actes que rien ne peut justifier. Ces actes extrêmement graves prouvent à suffisance que les priorités de l’Etat sont ailleurs… ».
Par Borris Olame













