Malgré les atouts dont regorgent la localité de Booué et ses environs, cette ville aux allures d’une bourgade a toujours été considérée comme oubliée. Aucune infrastructure digne de ce nom, aucune initiative dans le sens de l’amélioration des conditions de vies de ses populations, malgré la présence dans les cercles de décision de ses fils et filles. L’avènement de la 5ème République ouvrira t’il enfin les portes du développement à Booué pour enfin refléter l’image d’une ville touristique et industrielle ? C’est l’espoir d’une grande partie de la population du département de la Lopé.

Le cliché de la localité de Booué est indigne et contraste avec les atouts économiques et culturels que regorge le chef lieu du département de la Lopé. Aucun signe de modernisation. Pas d’électricité ni l’eau potable, des pistes d’éléphants qui font office de routes, des séries des crimes rituel dont les enquêtes n’aboutissent jamais, pour ne citer que ces quelques arbres qui cachent une grande forêt de désolation pour les habitants de ce terroir.
Booué ressemble à un campement, mieux à un camp de concentration qui sert à punir les malfrats de grands chemins pour purger leurs peines. Car pour un chef lieu de département, rien de démontre l’attention des pouvoirs pour l’amélioration des conditions de vie des populations. Les agents de l’Etat qui y sont affectés vivent un véritable calvaire et le considèrent comme des affectations disciplinaires, puisqu’à Booué, tout ou presque manque. En dehors de quelques roitelets du coin qui disposent des groupes électrogènes et des forages pour l’eau potable, le reste des foyers s’éclairent à la lampe tempête et aux bougies et s’abreuvent aux eaux des puits insalubres.
Dans cette cité aux allures perdue, la voirie urbaine parsemée des gros trous, ressemble à un champ de bataille frappé par des obus de la dernière génération. D’où l’absence des taxis et autres moyens de transport en public.
Un véritable enfer pour les habitants de cette bourgade qui enregistrent les cas de décès pour manque de moyen de transport pour évacuation vers les centres de santé plus adaptés.

Le cas de la jeune Jennifer Béchoueu Lingouambi ,a trouvé la mort dans un lit d’accouchement à l’hôpital de Booué. Quatrième cas de décès en salle d’accouchement en moins d’un ans dans cet hôpital qui n’est que de nom.
Jennifer, la dernière victime des conditions atroce à Booué, âgée de 30 ans, était à terme d’une grossesse de neuf mois. Elle a alerté ses parents alors qu’elle sentait les premières douleurs. Grosse équation pour ces deniers. Comment faire pour la conduire à l’hôpital en temps réel dans une localité où il n’y a pas des taxis, et où les rares clandos qui s’y aventurent sur les pistes de Booué ne le font que par des occasions exceptionnelles. Surtout il ne peut pas compter avec l’ambulance de l’hôpital, celui-ci est perchée sous cale depuis des lustres, parce qu’il lui manque des pneus. Ce n’est qu’après quelques heures de fouilles acharnées, que les parents de Jennifer ont déniché une vieille Corona qui les conduit au centre de santé du coin à pas de tortue, à cause de l’état hautement délabré de la piste. Mais malheureusement Jennifer rendra l’âme sur le lit d’accouchement, épuisée de toutes les forces après plusieurs heures de douleurs avant d’arriver à l’hopital.
« Des cas comme celui de la jeune Jennifer sont courant ici à Booué, ça n’étonne plus personne chez nous » a clamé un riverain de la ville presque les larmes aux yeux, avant d’ajoute que « La situation calamiteuse de Booué date depuis que cette soit disant ville existe, aucun pouvoir ne s’est jamais intéressé à Booué, sauf pendant les campagnes électorales où on promet mais rien n’est réalisé . On attend maintenant ce que le Président Oligui Nguema fera lui aussi de nous, va-t-il nous tourner le dos comme les autres, ou bien il fera face aux problèmes qui tenaillent l’existence des populations de Booué depuis la nuit des temps. »

Raison pour laquelle dans ce coin, on se pose la question de savoir, quel est l’apport au développement, que ces grands baobabs du pouvoir Bongo père et fils ,originaire de cette localité ont contribué à Booué.
En effet, tout le monde se souvient des roitelets qui ont prit en otage le département de la Lopé et la ville de Booué. Au dire des populations locales, ces potentats qui se sont succédés sur le trône ici, sont les principaux comptables du sous-développement extrême dans lequel patauge Booué et ses environs .On compte Joachim Mpouame, Tounangoy, Raphael Mamiaka, Raphael Ngazouzet ,Jean Mindoumi et bien d’autres ,tous des gros calibres les précédents pouvoir . Raison pour laquelle la population se demande également, si elle doit espérer avec le nouveau pouvoir sous le sceau de la 5ème République ?
Par Richard Nguema Ondo













