Avec les nombreux balbutiements de l’appareil judiciaire, des contradictions et des vices de procédure volontairement entretenus, l’affaire Opiangha qui continue à défrayer la chronique, étale au grand jour, l’état de la justice au Gabon qui se caractérise par une certaine orgie qui fait disparaitre les principes fondamentaux d’un Etat de droit, et qui, au gré des relations et des intérêts, peut déclarer coupable l’innocent, et absoudre le vrai coupable.

L’Etat de droit est déterminé par la qualité des Hommes qui sont appelés à rendre justice. Celle-ci qui se repose sur des lois, obéit à des principes sacro-saints qui constituent le Bréviaire sur lequel s’appuient les juges pour faire appliquer cette justice. Parmi ces principes, la présomption d’innocence, la production des preuves que doit fournir l’accusateur, l’attestation de ces preuves par le maître des poursuites après enquêtes. Mieux, même si le ministère public peut engager des poursuites sur simple dénonciations ou encore s’auto saisir sur des faits particuliers, les preuves devront toujours étayer ces accusations.
Dans le cas du procès intenté contre Hervé Patrick Opiangha qui, selon le Procureur de la République près du Tribunal de Libreville les chefs d’accusation tournent autour d’une affaire de mœurs notamment de l’inceste et autres attouchements et violences sexuels exercés par l’ancien Ministre des Mines de la Transition, sur sa propre fille Elisabeth Opiangha Mengue . Le tout sur la base d’une plainte du soit disant oncle de la présumée victime. Des faits dont la date d’exécution reste un mystère non seulement pour le maître des poursuites, qui n’a pas pu les situer aussi bien dans le temps que dans l’espace. C’est dans cette vague d’incertitude a décidé de mettre aux arrêts Hervé Patrick Opiangha sans une autre forme de procès. Dans la foulée, le grand frère de l’accusé, déféré à la prison centrale de Libreville pour obstruction à la justice, les proches parents molestés, le siège du parti saccagé, les coffres forts emportés et éventrés, les bâtiments scellés et fermeture des entreprises de l’intéressé. Tout ça pour une affaire où la principale présumée victime clame que rien de toutes ces élucubrations n’a jamais eu lieu.

Avec la plainte introduite par Elisabeth Opiangha Mengue contre son principal pourfendeur d’oncle, Landry Amiang Washington, les regards sont désormais tournés vers le parquet de la République afin de rétablir la vérité. Selon un magistrat retraité qui a requis l’anonymat « La justice Gabonaise a très mal géré ce qu’on appelle désormais l’affaire Opiangha. Et si l’on était dans un véritable État de droit, ceux qui ont piloté ce dossier allait rendre des comptes devant les juridictions compétentes. Le parquet s’est fourvoyé et a effectué une sortie de route préjudiciable au citoyen Opiangha et ses proches qui ont vu leurs droits les plus élémentaires bafoués. Et cela renvoie une image édulcorée de notre justice qui n’a plus besoin d’être aux ordres du politique » a martelé notre interlocuteur, avant d’inviter les magistrats à plus de professionnalisme, « Il est souvent ahurissant de voir certains praticiens du droit uler aux pieds les principes élémentaires du droit. Pour revenir sur l’affaire Opiangha, à partir du moment où la présumée victime ne se reconnaît pas dans ces dénonciations, le parquet devrait cesser toute poursuite relevant de ces faits. Et pour le parallélisme de forme, le Procureur de la République près du Tribunal de Libreville, qui avait fait une sortie publique pour justifier les poursuites contre la personne d’Hervé Patrick Opiangha, devrait y revenir pour éclairer l’opinion sur les faits, qui, en réalités ne sont pas constitués. Et cela ne constitue en rien une entorse à la justice, bien au contraire, puisque le maître des poursuites instruit à charge et à décharge. Ne pas le faire s’assimilerait à un acharnement, ce qui ne devrait pas être le rôle de la justice » a conclu l’ancien magistrat.

Et balle est désormais entre les pieds du maître des poursuites pour lever toute ambiguïté autour de cette affaire aux relents et arrière goût politiques. Aux justiciers de rétablir la vérité dans cette affaire, et aux politiciens de permettre un retour sécurisé au bercail d’Hervé Patrick Opiangha. Voilà la double équation que devraient ressouder la justice et les politiques pour restaurer une justice déjà décriée et le politique qui cherche à faire la différence..
David Eleone













