Le Centre Hospitalier Régional d’Oyem(CHRO) a effleuré le pire. Une gestion scabreuse de ses ressources humaines et financières entretenue par ses anciens guides a plongé le plus grand centre hospitalier du Woleu-Ntem dans un état comateux. Ainsi, pour tenter de sauver les meubles, le C.T.R.I. a désigné un nouveau gérant il y a quelques mois, en la personne de Emmanuel Badoh Mengome, qui, s’avère être un doyen de la maison, pour avoir occupé des années durant la fonction de Directeur des Ressources Humaines. Son retour à la maison suscite de l’espoir non seulement auprès du personnel, mais aussi des usagers. Dans cet entretien, il dévoile la feuille de route que lui ont confié les autorités et son engagement à relever les nombreux défis pour le rayonnement du CHRO.

Journal l’Objectif : Il y a quelques temps, vous avez exercé dans le Centre Hospitalier Régional d’Oyem en qualité de Directeur des Ressources Humaines(DRH), vous revenez cette fois-ci coiffé de la casquette de Directeur General du plus grand centre hospitalier de la province du Woleu-Ntem, qu’est-ce que cela vous fait en tant vétéran de de la boite, mais aussi en tant que fils du cru ?
– Le DG du CHRO: Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez au Centre Hospitalier Régional d’Oyem. Avant de répondre à votre question, qu’il me soit permis d’adresser ici mes sincères remerciements à son Excellence Monsieur le Président de la Transition, Président de la République Chef de l’Etat, qui a bien voulu m’élever à la fonction de Directeur général du CHR d’Oyem.
Pour revenir sur votre question, il faut dire que j’ai effectivement été nommé DG du CHRO alors que j’occupais déjà la fonction de Directeur des Ressources Humaines. Cela a été un avantage, en ce sens que je connais la maison. En tant que fils du cru, cela me donne des responsabilités certes ; mais on m’aurait nommé dans une autre structure, que cela aurait été la même chose, c’est-à-dire, tout faire pour être à la hauteur de la confiance placée en ma modeste personne.
L’Objectif : Il n’est un secret pour personne, le CHRO a frôlé le chaos aux mains des gestionnaires jugés indélicats, alors votre nomination à la tête de cet hôpital qui n’a rien d’hasardeux attend certainement des redressements susceptibles de redorer le blason au CHRO. Dans cette optique, qu’est ce qui a déjà été fait, et qu’est ce qui se fait à l’heure actuelle. Un bilan à mi-parcours ?
DG CHRO : La direction générale d’une structure hospitalière est un chantier. Les maçons se relayent. Il n’est donc pas élégant de juger l’action du prédécesseur.
J’accède aux responsabilités dans un contexte difficile, marqué par un budget insuffisant, une dette assez élevée, les retards d’épuisement de la dette par la CNAMGS. Nous avons fait l’état des lieux que nous avons présenté à Monsieur le Ministre.
Ce dernier nous a donné une feuille de route. Celle-ci se résume en deux mots : meilleur accueil des malades et une bonne prise en charge. Nous essayons, autant que faire se peut, de ne pas nous dévier de cette feuille de route.
Je voudrais également ajouter que le CHRO est en travaux de réhabilitation. Ces travaux restent dans le cadre du PASS II (Projet d’appui au secteur santé, phase 2). Il s’agit de réhabilitation totalement de l’hôpital et d’équiper la structure. La réception du nouvel hôpital est prévue fin décembre 2024.
L’Objectif : Votre mission d’amélioration et de maximisation du rendement des services, rencontre-elle des obstacles ? Si oui, de quelle nature ? Des propositions ?
DG CHRO : Les obstacles ne manquent pas. Le premier est la résistance au changement à l’abandon de mauvaises habitudes par certains agents.
Mais, je crois à la pédagogie. Il faut toujours rappeler aux agents, les missions qui sont les nôtres, qui sont celles de nous mettre résolument au services des patients.
Les propositions que je pourrais faire au gouvernement, c’est de revoir à la hausse la subvention qui est allouée aux CHR. Je me réjouis aussi de la réouverture des écoles de santé, sur instruction du Président de la Transition. Ces réouvertures des écoles de santé sont mises en musiques par monsieur le Ministre de la Santé. Cela aura pour plus-value la résolution du problème de sous-effectif dans nos structures.
L’Objectif : Votre mot de fin.
DG CHRO : Mon mot de fin c’est dire aux populations que nous allons bientôt réceptionner un hôpital totalement réhabilité. Et nous allons de ce fait retrouver notre fonctionnement optimal. Je remercie ces populations qui, de plus en plus, font à nouveau confiance au CHR d’Oyem, la structure de référence à l’échelle provinciale.
Propos recueillis par Richard Nguema Ondo















