Dans le fourmillement qui se fait, pour un nouveau Gabon qui doit en principe prendre en considération toutes les catégories des personnes dans ce processus enclenché avec le « coup de la libération », les jeunes pensent qu’ils seraient quantité négligeable. Ils sont loin de quitter l’auberge. Plusieurs écueils tendent à le démontrer, notamment avec le cafouillage qui règne au niveau du Conseil national de la jeunesse du Gabon (CNJG).

Cette situation ne laisse pas indifférents d’autres jeunes. À preuve : Emmanuel Ombana, président de la Junior Entreprise et acteur jeunesse membre de la société civile, a fait parler son dépit de tout ce qui compromet la jeunesse dans le processus de la restauration du Gabon.
A l’entame de son propos, Emmanuel Ombana a déclaré que : « (…). La situation actuelle du Conseil national de la Jeunesse nous dérange tous. Nous avons constaté qu’actuellement il y a deux bureaux du Conseil national de la jeunesse qui tous deux ont été élus en parfaite violation des dispositions statutaires et réglementaires de cette institution, notamment des articles 15 ; 22 ; 25 ; 31 et 34, qui malheureusement, aujourd’hui, ne tiennent pas compte des préoccupations de la jeunesse ».
« Le mal du conseil aujourd’hui se situe à deux niveaux. Les responsabilités sont partagées, disons-le, on n’a pas peur de le dire, à la fois des jeunes eux-mêmes qui ont du mal à pouvoir respecter les dispositions statutaires et réglementaires. Et de l’autre côté, de ceux qui sont chargés de cette question, notamment du département du ministère de la Jeunesse, qui semblent avoir peu d’informations sur le fonctionnement du Conseil national de la jeunesse… », a indiqué Emmanuel Ombana.
Pour lui, le CNJG serait une sorte de laboratoire pour des personnes sans foi ni loi, qui profiteraient des jeunes, pour assouvir leurs ambitions, et renchérissant, « Actuellement au conseil, ce que j’observe, c’est qu’il y a trois catégories de membres. Il y a le premier niveau, la première catégorie de membres : il y a ceux-là qui sont au Conseil juste pour un sentiment d’appartenance parce qu’il faut montrer qu’on est au conseil. Le deuxième niveau de catégorie de membres, ce sont des jeunes qui sont au Conseil pour espérer avoir des nominations. Donc, on utilise le Conseil national de la jeunesse pour avoir des nominations ; avoir des promotions professionnelles. Et il y a une autre catégorie de jeunes, qui travaille à d’autres occupations et qui vient au Conseil pour apporter une expérience ou une expertise. (…) ».

Avec l’avènement du CTRI et de son volontariste président, Brice Clotaire Oligui Nguema, Emmanuel Ombana entrevoyait déjà une lueur d’espoir pour la jeunesse, mais c’est plutôt le désenchantement. « Nous avons eu, avec l’arrivée du président de la Transition à la tête de notre pays, et nous disons merci, la possibilité d’avoir inscrit dans la loi de finances une enveloppe de 500 millions pour le fonctionnement du Conseil national de la jeunesse et du Parlement gabonais des jeunes. Et ce dossier a été porté par le quatrième vice-président et le ministre de la Jeunesse, et nous disons merci au président pour cette opportunité, pour cet accompagnement. Toutefois, il s’avère que depuis un bon bout de temps, les organisations de jeunesse n’ont pas de visibilité sur l’affectation de cette ligne budgétaire », a surenchéri Emmanuel Ombana.
Sur la même lancée du peu d’intérêt sur la jeunesse, Emmanuel Ombana enfonce le clou : « (…). Ce qu’on constate, c’est que malgré les orientations du chef de l’État, elles peinent à être traduites. Et pour preuve, il nous est arrivé d’analyser le Plan national de développement de la transition. Et dans ce document, on a vu par exemple qu’effectivement on a fait mention de la jeunesse qui représente plus de 60 % de la population gabonaise. Dans ce document, il est clairement mentionné que la jeunesse est un fort taux, sinon une forte augmentation de la population, mais quand on regarde les réponses aux problèmes qui minent la jeunesse, on n’a vu que des réponses sur le sport. Ce qui nous laisse quand même à nous inquiéter un peu sur le management de ce département ministériel », martèle Emmanuel Ombana. Et ce n’est pas tout.q Lui qui a eu la chance de parcourir les orientations concernant la jeunesse, ne peut qu’écraser ses larmes sur le sort qui lui est réservé : « Mais quand on regarde la mise en œuvre de ces recommandations, de ces orientations, on note aujourd’hui qu’il n’y a aucune stratégie, sinon peu de stratégie, sur les activités que le président décline pour la jeunesse. Ce qui nous laisse croire qu’il y a un problème au niveau du management ou un problème au niveau du casting ».
Par Kevin Aymard Lelengui













