Au moment où le pays s’achemine lentement mais sûrement vers l’organisation des élections générales, une première depuis le retour du multipartisme, notre rédaction a rencontré un homme Mathias Otounga Ossibadjouo , M2O pour ses nombreux fans. Un homme qui a assumé des responsabilités à des degrés différents dans les sphères administrative et politique. Ministre de la Défense en 2016 pendant l’élection présidentielle de cette année, il a ensuite hérité du porte feuille du Budget, de celui des Sports et du Tourisme, pour sortir par la Décentralisation et du Développement des Territoires. Élu député de la Commune d’Okondja en 2018, l’homme est actuellement au cœur d’une controverse savement entretenue par ses propres camarades du même bord politique. Dans son franc parler, le député sortant de la Commune d’Okondja, chef lieu du département de la Sebé- Brikolo dans le Haut-Ogooué vient lever le voile sur tout ce qui se dit sur sa personne depuis un certain temps. Lecture .

L’Objectif : Bonjour Mr Mathias Otounga Ossibadjouo, ancien ministre et dans quelques jours vous serez ancien député. Quel titre vous rend à l’aise quand on vous l’appelle ?
M2O : Ce qui met à l’aise ce n’est pas un titre, mais un état d’esprit. De tout mon parcours, en aucun moment je ne crois avoir failli. J’assume tout mon vécu. Alors, appelez-moi comme vous voulez.
Vous faites des choux gras depuis un certain temps de certains journaux et autres réseaux qui vous présentent comme un aigri du fait que vous ne soyez pas investi par votre parti politique pour votre propre succession. Que répondez vous à ces allégations ?
M2O : Je vous remercie pour l’opportunité que vous m’offrez de pouvoir m’exprimer enfin sur certains points qui sont largement relayés par la presse et autres médias sociaux. Effectivement comme plusieurs observateurs je constate que je fais l’objet d’une cabale médiatique qui ne dit pas son nom.
Ne pas respecter mon propre engagement de campagne à ne faire qu’un mandat aurait été faire preuve de légèreté politique et pousser les gens à me manquer de considération.
Pour revenir à votre question, c’est moi qui ai librement décidé de ne pas me porter candidat à ma propre succession. Ce, pour deux principales raisons. La première est que j’avais pris comme engagement, lors des élections législatives de 2018, de ne faire qu’un mandat. Pourquoi un seul mandat, parce que à Okondja, notamment dans la commune, mon prédécesseur avait fait cinq mandats successifs, créant ainsi une « liste d’attente » des nombreux compatriotes qui désirent être députés. Je ne voulais pas rallonger la liste d’attente en faisant moi aussi plus d’un mandat. D’ailleurs, la pléthore actuelle de candidats enregistrés sur ce siège démontre les appétits nourris par les uns et les autres. Ne pas respecter mon propre engagement de campagne à ne faire qu’un mandat aurait été faire preuve de légèreté politique et pousser les gens à me manquer de considération.
La deuxième raison est que durant mon mandat, il y a eu beaucoup de manipulations ourdies par des gens dont certains étaient tapis dans la haute hiérarchie du Parti, et principalement l’affaire des audios qui m’opposa malheurseument à mon Secrétaire fédéral. Cette affaire, comme bien d’autres, fut montée de toutes pièces pour espérer casser ma crédibilité politique.
Ce sont les mêmes considérations qui m’ont amené à retirer ma candidature au Bureau Politique. Ce qui ne signifie nullement une démission du Parti. On sert le Parti A TOUS LES ECHELONS.
Après avoir librement décidé de mon retrait, je ne comprends pas pourquoi je serais un aigri comme certains veulent le faire croire à l’opinion. Parce que le PDG n’a pas refuser de m’investir, c’est moi qui ai refusé de me porter candidat.
D’où viendrait alors le sentiment d’aigreur dans tout ça ?

L’on vous accusé aussi d’envoyer vos lieutenants au front et de soutenir d’autres candidats dans le but d’affaiblir les candidats du PDG. Votre réaction ?
M2O : (rire) vous savez pourquoi je ris ? C’est parce que lorsque je me suis présenté en 2018, j’avais trois candidats contre moi, dont deux de mes proches parents. Et pas des moindres…
A cette époque, on n’a pas dit qui les avait instrumentalisé. La caractéristique d’Okondja c’est la liberté d’expression et d’action de chacun. Pourtant même le candidat du CLR dont on veut m’attribuer la paternité, tout Okondja sait qu’il est assez régulièrement candidat.
Pour le cas de Kevin YIMBANGOYE. Je crois que c’est la conséquence de leurs propres turpitudes vis-à-vis de lui. Ce monsieur était un sympathisant très actif pour le PDG. Il me revient que promesse lui aurait été faite par les responsable politique de la localité de le faire figurer sur la liste à la Commune. Promesse en définitive non tenue. Il aurait décidé en son âme et conscience de compéter sous la bannière d’un autre Parti non de l’opposition, mais de la Majorité Républicaine.
Kevin est un citoyen majeur qui assume ses actes et ses choix, vous comprenez que je n’ai rien à voir avec sa candidature.
J’entend aussi ici et là que c’est moi qui suis à la manœuvre de mon ancien chargé d’études qui, au passage, ne fut jamais attaché parlementaire, et qui vient de démissionner du PDG. Il faut savoir que ce jeune très dynamique a adhéré au parti suite à mes conseils. J’étais donc en quelque sorte son mentor politique, et je pense qu’il a beaucoup de respect pour moi. En tant que proche collaborateur, il vit au quotidien les injustices, les attaques et les tentatives d’humiliation et de déstabilisation dont je suis victime. Et il s’est dit, ce que je comprends, que si on traite de cette manière celui qui a tant donné pour le parti, quel serait son sort à lui ? comme dit le proverbe, s’ils ont réussi à brûler le bois vert, combien de fois ils feraient pour le bois sec ? Ce monsieur a donc pris ses responsabilités en quittant les choses. Et s’il avait les velléités d’un opposant, il n’aurait certainement pas adhéré à un parti de la majorité. Roméo Okogho, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a sûrement été révolté par des nombreuses frustrations que tentent de me faire subir mes propres camarades.
Dans tous les cas, l’adhésion à un parti est un acte individuel. Le départ aussi

Vous êtes aussi présenté comme un boycotteur des activités du parti, notamment la tournée du DC du DCP et la tournée Républicaine du chef de l’Etat. Sont ce là aussi des simples allégations ?
M2O : je n’ai rien boycotté. Le Secrétaire général du parti avait organisé une réunion au cours de laquelle instruction avait été donnée à tous les militants de descendre chacun dans sa zone pour booster les enrôlements. A l’issue de tout cela, le ministre Max Samuel, nous a réuni pour nous présenter son projet de venir booster les enrôlements sur le plan local. Il a demandé à tous, si l’on pouvait se libérer pour l’accompagner. Et nous sommes tous descendus comme un seul homme à Okondja. Et durant une semaine, nous avons travaillé pour se faire enrôler les populations. Un rapport à été produit à la suite de ce travail pour montrer ce qui a été fait. Alors qu’on était encore à Okondja on apprendra la mission du Directeur de cabinet politique qui devait arriver à Okondja samedi, alors que notre mission était déjà terminée et que certains étaient sur le point de rentrer sur Libreville. C’est vendredi dans la nuit qu’on apprendra qu’il ne sera plus à Okondja samedi, mais plutôt lundi à 16 heures. Ayant déjà un programme qui ne me permettait de rester à Okondja jusqu’à lundi, j’ai solliciter du Secrétaire national une autorisation de remonter qui m’a été accordée. Je n’ai donc pas boycotté quoique ce soit. C’était un cas de force majeur et le travail pour lequel on était instruit a été bien exécuté.
Pour le passage du Chef de l’Etat, c’est vraiment trop gros. J’etais bien à Franceville et à Okondja lors du passage du Président . Tout le monde sait que dans le cadre pratique de l’organisation de cette tournée républicaine, les responsables de la mobilisation étaient les membres du gouvernement. N’étant plus membre du gouvernement, je n’avais plus qualité de m’immiscer dans cette organisation. On aurait parler de boycott si j’ai brillé par mon absence ou si l’on m’avais confié des tâches que je n’aurais pas exécuté. Mais j’étais président à Franceville et Okondja pour accueillir le Président.
Par contre, oui à la fin, j’ai relevé qu’habituellement, lorsqu’on reçoit le Chef de l’Etat à Okondja, ce n’est pas ce qu’on a vu là. Mais le dire devrait nous amener à trouver des tactiques pour mieux mobiliser pendant les élections. Mais voyez-vous, à chaque fois qu’on veut apporter la pierre à l’édifice, l’on renverse toujours dans le mauvais sens, et si l’on reste dans son coin, on vous accuse de boycott. Finalement, je ne sais plus ce qu’on attend de moi à Okondja.
On reconnaît le Capitaine d’un navire à sa dextérité à manœuvrer dans la tempête.
Sauf à faire croire que le seul responsable politique du coin c’est moi. Et là il faut me le dire clairement.
l’on dit souvent que ‘’,qui veut noyer son chien l’accuse de rage’’. C’est pas quelque chose qui me surprend. Plus rien ne me surprend.
Tout a commencé par les audios de Mahoungou. Ces audios qui ont été abondamment relayés avaient pour seul but que de me nuire. Il y a eu par la suite l’affaire de l’incendie du domicile du ministre Lemboumba, qu’ils ont encore tenté de m’attribuer.
Je ne sais pas ce que visent ces tentatives d’accusations. Mais je sais qu’il n’y a point de vérité que le temps révèle. Et comme pour les premières accusations, l’on se rendra compte que tout ce remue ménage médiatique là ne vise qu’à vouloir me nuire.
Toutefois, nous sommes en période électorale et les responsables politiques d’Okondja devraient jouer leur rôle qui consiste à vendre leurs candidats en dépit de l’adversité. Pleurnicher dans les média en m’agonisant de tous les péchés de la terre ne sera jamais la solution. On reconnaît le Capitaine d’un navire à sa dextérité à manœuvrer dans la tempête.
Sauf à faire croire que le seul responsable politique du coin c’est moi. Et là il faut me le dire clairement.
Au regard donc de ce climat délétère qui règne , comment entrevoyez vous s’impliquer durant les prochaines élections générales qui pointent à l’horizon ?
M2O : Alors je vais vous surprendre. Je pense que tout ce qui est fait contre moi en ce moment, est fait pour m’empêcher de m’impliquer dans le processus électoral. Sans que je ne fasse quoique ce soit, on me présente comme l’instrument, sinon l’acteur d’une éventuelle défaite à Okondja. Si je m’implique et que ça se passe mal, ils vont dire que c’était prévisible et faire croire que j’ai pourri le fruit de l’intérieur. Je crois que chaque chose a son temps. J’ai été par le passé acteur principal de la politique dans le département de la Sebé Brikolo. Ce rôle est dévolu à d’autres aujourd’hui. En clair, je ne ferai rien pour perturber le travail des autres. Il n’y a pas de raison. J’ai fait mon temps, avec mes échecs et mes réussites. Aux autres de faire les leurs. Je reste un militant du Parti démocratique gabonais.
Mais il incombe aux responsables politiques de créer puis de maintenir un climat apaisé, seul à même de permettre à tous et à chacun de s’impliquer avec fierté et de s’exprimer aisément dans la campagne qui s’annonce rude. Pour l’instant, de ce que je constate, nous sommes encore dans l’invective à quelques jours du scrutin….
Peut-on alors voir en cette position une retraite à la chose politique ?
M2O : Moi je me définis toujours comme un serviteur. Mais il y a pas de serviteur sans maître. Je reste à la disposition du maître qui voudrait que je le serve, et le meilleur maître qui soit c’est le peuple. Donc je suis le serviteur de peuple et ceci n’a pas de retraite. C’est un sacerdoce permanent..








J’ai toujours eu de l’estime pour ce Monsieur et je reste convaincu de sa politique !! M2O aujourd’hui M2O pour toujours le véritable soldat du peuple de la Sébé-Brikolo soutien.