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Justice-Gabon/Affaire Opiangah : l’État gabonais sur le banc des accusés par la faute de ses magistrats.

La justice devrait veiller au respect strict des procédures. Sa crédibilité en dépend

Voilà ce qui arrive quand des individus, sensés servir les citoyens se liguent en leurs véritables tortionnaires. Pour les multiples et flagrantes violations des droits infligées à Hervé Patrick Opiangah par le Procureur de la République près du Tribunal de Libreville et son chef hiérarchique, l’Etat gabonais devrait s’apprêter à répondre devant la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Une première dans l’histoire du Gabon.

Les trois responsables de juridictions indexés dans l’affaire Opiangah de lire à l’envers le Code pénal

 

La nouvelle a été donnée par les Avocats d’Hervé Patrick Opiangah. Celle de la réception par la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples sise à Bandjul en Gambie, ce mercredi 10 décembre du mémoire introduit le Cabinet Bensimhon & Associés dans l’affaire qui oppose Hervé Patrick Opiangah contre la République gabonaise. Une étape qui ouvre des poursuites contre l’Etat gabonais devant cette institution continentale, gendarme du respect des droits fondamentaux de l’homme.

Dans leur communiqué officiel, le Cabinet Benshimon & Associés révèle que « l’ensemble des éléments factuels (documents et preuves) attestant des atteintes graves à la dignité et à la réputation avec des conséquences professionnelles, personnelles et financières sans précédent » pour leur client. Des atteintes qui auraient, selon les avocats, provoqué «Des faits qualifiés d’incompatibles avec ce qui est digne d’un État de droit ».

La réception du mémoire des griefs formulés contre l’Etat gabonais à travers ses serviteurs par les avocats d’Opiangah, vient donc ouvrir une nouvelle page dans ce feuilleton et prouve à suffisance que les faits révélés, constituent aux yeux de la CADHP sont des violations des droits fondamentaux vis-à-vis d’Hervé Patrick Opiangah. D’où le satisfecit de ses avocats qui évoquent « une étape cruciale qui vient confirmer le respect scrupuleux des procédures et la crédibilité des griefs soulevés »,

L’un des Avocats d’Hervé Patrick Opiangah devant la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.

Pour rappel, dans une procédure d’enquête préliminaire sur une prétendue affaire de mœurs dont il n’y a jamais eu un début de preuve, alors que Hervé Patrick Opiangah le présumé mis en cause s’apprêtait à déférer à une convocation dans une unité de police judiciaire, un contingent composé des officiers de police judiciaire et des forces armées de troisième catégorie fit éruption dans les différents domiciles et bureaux de l’ancien ministre des Mines de la Transition. Ce dernier n’eu la vie sauve que grâce à l’exil forcé dont il a été contraint. Dans la foulée de cette perquisition illégale où des violences physiques et dégâts matériels furent enregistrés, des objets de valeur et une importante somme d’argent furent emportés en l’absence d’un représentant du maître des lieux.

Mieux, un mandat d’arrêt international fut lancé contre HPO, avec confiscation des comptes bancaires et fermeture de ses entreprises, mettant en péril plus de 6500 employés et leurs familles.

Des faits qui constituent des graves violations des droits humains. D’ailleurs, Le mémoire déposé indique « plus de soixante-dix pièces », incluant « plus d’une vingtaine de constats d’huissier », destinées à établir formellement les manquements et violations à l’actif du nouveau pouvoir par l’entremise des assermentés de la justice.

Le procureur de la République qui a validé la violation des procédures

Quoi qu’on dise, l’Etat devrait assumer les errements et l’excès de zèle de certains de ces agents qui pensent que fouler aux pieds des sacro principes des droits humains auxquels le Gabon a volontairement ratifié est sans conséquence. Une séquence qui souille non seulement la justice gabonaise à travers ses acteurs, mais l’Etat tout entier à travers son image de prestige bafouée, sans compter des conséquences de l’issue de ce procès. La grande interrogation est celle de savoir le sort qui sera réservé aux auteurs connus de ces graves violations ?

Par: Prince Albert