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Politique-Gabon/Questions orales à l’Assemblée nationale : Le ministre du Pétrole et du Gaz édifie les députés et l’opinion sur la suite de l’accident de Becuna.

Dans un exercice démocratique qui consiste pour les députés d’interpeller par des questions orales les membres du gouvernement, plusieurs ministres se sont pliés ce 27 juin à cet exercice. Parmi eux, le ministre du Pétrole et du Gaz, Sosthène Nguema Nguema qui est venu répondre à la sollicitation de Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, liée à la suite donnée à l’accident survenu le 20 mars 2024 sur la plateforme pétrolière de Becuna au large de Port-Gentil.

Le ministre du Pétrole et du Gaz, répondant aux questions orales des députés à l’Assemblée nationale

Il s’est agissait pour le membre du gouvernement en charge du Pétrole et du Gaz de répondre aux préoccupations soulevées par le 4ème vice président de l’Assemblée nationale de Transition, centrées sur le respect des normes exigées pour l’exploitation d’un site pétrolier au Gabon. De rassurer que toutes les dispositions ont été prises pour que pareil accident ne se produise plus jamais, de l’état d’avancement de l’enquête diligentée à propos de cet accident, des dispositions prises pour garantir le respect des droits des victimes, ainsi que le dédommagement de leurs familles respectives, du respect du code du travail dans les compagnies pétrolières et de la sous-traitance, ainsi que de la responsabilité de la société Pérenco sur les cas de pollution.

Dans un style direct empreint de pédagogie, Sosthène Nguema Nguema, a apporté des éléments de réponse sans ambiguïté à ses anciens collègues députés. Assurant la responsabilité de la continuité du service public, le ministre du Pétrole et du Gaz a rappelé le contexte de cet accident et le nombre de victimes enregistrés, à savoir 4 Gabonais, un Camerounais et un Français.

S’agissant du respect des normes exigées pour l’exploitation pétrolière au Gabon, le membre du gouvernement a été clair. « Les opérateurs pétroliers sont tenus de se conformer aux standards internationaux (API, ISO, NORSOK, etc…) qui font référence à la sécurité des personnes, à l’intégrité des installations, à la qualité des opérations et à la protection de l’environnement. L’Administration des Hydrocarbures dont j’ai la charge, veille au respect strict de toutes ces exigences par tous les opérateurs pétroliers au Gabon via des contrôles, des inspections et des audits à des fréquences régulières » a indiqué Sosthène Nguema Nguema, avant d’ajouter que « S’agissant du cas spécifique du Gabon, l’Administration des Hydrocarbures veille au respect strict de ces exigences par tous les opérateurs exerçant leurs activités d’exploitation au Gabon via des contrôles, des inspections et des audits à des fréquences régulières » . Demeurant toutefois réaliste, le ministre n’a pas manqué de signaler que, « Le risque zéro n’existant pas, très chers Honorables Députés un tel engagement ne serait pas réaliste ».

Sosthène Nguema Nguema très à l’aise devant les députés de la Transition

Réaffirmant l’engagement du département ministériel dont il a la charge, Sosthène Nguema Nguema a tenu à rassurer qu’à l’issue de l’enquête, un ensemble de recommandations impératives ont été formulées à l’endroit de l’ensemble des opérateurs du secteur pétrolier qui visent à renforcer la sécurité des personnes et des biens.

S’agissant de l’état d’avancement de l’enquête diligentée, le ministre du Pétrole et du Gaz a indiqué que les Résultats de l’enquête révèle que pusieurs facteurs ont concouru à l’avènement de l’accident. Il s’agit notamment du : non-respect de la procédure de contrôle de puits ; matériel mis à disposition non conforme ou inadapté ; personnel sans qualification pour le poste occupé ; personnel non expérimenté.

Sur le respect des droits des victimes ainsi que le dédommagement de leurs familles respectives, le ministre a renseigné les députés et l’opinion que « Les parties ont convenu de résoudre le problème à l’amiable par le biais des protocoles d’accord dont l’Etat s’est assuré, lors de leur élaboration, que les intérêts des familles des victimes sont garantis ». Et qu’aux dernières nouvelles, ces protocoles sont respectés.

Sur le respect du code du travail, Sosthène Nguema Nguema a déclaré que, « Comme vous le savez très chers Honorables Députés, les questions relatives à l’application des dispositions du Code du travail relèvent de la compétence de mon collègue, Ministre du Travail, au travers des différents organes et moyens d’exécution mis en place dans ce cadre et tels que définis par les textes organiques en vigueur. Toutefois, dès mon arrivée à la tête du Ministère du Pétrole et du Gaz, j’ai décidé de renforcer le contrôle des contrats de travail dans les sociétés pétrolières et les entreprises de sous-traitance, en collaboration avec mon collègue, le Ministre du Travail. C’est pourquoi, contrairement au passé, j’ai nommé un conseiller en charge de la prévention des risques sur les sites pétroliers afin d’avoir un regard permanent sur la situation sécuritaire des biens et des personnes ».

Quelques membres du gouvernement présents à l’hémicycle du palais Leon Mba

Sur le point précis de la sous-traitance, le ministre a rappelé l’article 186 de la loi n°002/2019 du 16 juillet 2019 portant règlementation du secteur des hydrocarbures en République Gabonaise qui stipule que l’attribution des contrats de sous-traitance pétrolière est accordée de préférence aux sociétés gabonaises. Rassurant que l’application de cette article sera appliquée dans toute sa rigueur.

Sur les cas de pollution régulièrement enregistrés, le ministre a rassuré les députés et l’opinion de ce que tous les réparations et dédommagements ont été effectués par les sociétés responsables de ces pollutions. Rappelant au passage que « qu’au regard des conséquences y relatives sur la production et sur l’environnement, j’ai instruit, dès ma prise de fonction, les Directeurs Généraux de l’Amont et Aval Pétrolier et Gazier, de diligenter sans délais, à titre préventif, des missions généralisées d’intégrité technique des équipements et installations pétroliers auprès des sociétés, exerçant leurs activités en amont et aval pétrolier et ce, conformément à la note d’instruction n°001078/CAB-PMCG/DPRIATD du 4 avril 2024, à la suite de l’accident survenu sur la plateforme pétrolière BECUNA », avant d’annoncer que, « j’ai demandé à mes équipes de mettre très rapidement en place une procédure d’intervention d’urgence au sein du ministère du Pétrole et du Gaz, afin d’intervenir plus promptement sur les lieux d’accidents et autres incidents ».

Un exercice réussi pour le ministre du Pétrole et du Gaz qui a fourni des réponses dénuées de toute langue de bois. D’ailleurs les députés en général et plus particulièrement le 4ème vice président auteur de la question se sont dits satisfaits de la clarté des réponses de leur invité. Une transparence qui annonce le changement de paradigme dans ce département ministériel considéré depuis longtemps comme le temple des gros scandales, à cause de l’omerta qui entourait certains dossiers.

Par Ange Maya 

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