« Qui veut noyer son chien l’accuse de rage ». C’est ainsi que résume la situation que traverse Hervé Patrick Opiangah un doyen politique du Haut-Ogooué qui, par souci de sécurité, a préféré s’exprimer sous le couvert de l’anonymat.
L’absence prolongée du citoyen Hervé Patrick Opiangah, contraint à l’exil depuis près de sept mois, pour sauver sa peau, continue de chagriner de nombreux esprits qui ne comprennent pas cet acharnement sur un individu qui a démontré, à plus d’un titre, son amour pour le Gabon.
Pour ce doyen politique de la province du Haut-Ogooué, dont est originaire Hervé Patrick Opiangah, « La cabale politico- judiciaire que subit aujourd’hui Hervé Patrick Opiangah n’est pas digne d’un État de Droit, et démontre à suffisance que, dans ces circonstances, personne n’est à l’abri de l’injustice quand elle est motivée par des raisons politiques « .
Revenant sur les motifs invoqués par la justice pour traquer Hervé Patrick Opiangah, l’homme politique estime qu’ « Hervé Patrick Opiangah est victime de son profond amour pour le Gabon. En regardant la trajectoire sociale, économique et politique de ce natif de Mounana, qui n’est pas né avec une cuillère en or dans la bouche, l’on constate qu’il sest consacré, depuis son jeune âge, au bien-être de son prochain, et au rayonnement de son pays, le Gabon. Il est l’un des rares Gabonais qui a osé investir dans plusieurs secteurs, avec succès, offrant des emplois à des milliers de ses compatriotes, sans compter le Centre de Formation de Football de Mounana qui a formé de nombreux footballeurs, qui font désormais la fierté du Gabon »’. Aujourd’hui, par la force de sa foi, il est devenu un homme d’affaires prospère, un capitaine d’industrie qui fait la fierté du Gabon », a-t-il rappelé.
Sur le plan politique, notre interlocuteur affirme que c’est toujours au nom de cet amour pour ses compatriotes et pour son pays qu’Hervé Patrick Opiangah s’y est lancé :
« La formation politique d’Hervé Patrick Opiangah, l’Union pour la Démocratie et l’Intégration Sociale (UDIS) est un creuset de la démocratie dont les actions sociales sont le fondement. Contrairement à plusieurs acteurs politiques, Hervé Patrick Opiangah ne s’est pas lancé en politique pour des intérêts matériels et financiers ou pour des promotions politiques, puisqu’il était déjà à l’abri du besoin« , ajoutera-t-il.
Face à la situation que traverse Opiangah, notre interlocuteur pense qu’ « Au regard du rôle qu’Opiangah a joué dans l’exécution du coup d’Etat du 30 août 2023, il est évident qu’il a choisi de privilégier les intérêts du Gabon. Très proche d’Ali Bongo Ondimba, il n’a pas hésité à choisir la voie de la raison. D’ailleurs, lui-même l’a déclaré après son départ en exil, en affirmant que « Le Gabon immortel est au-dessus de tout autre intérêt« . Et ce notable altogovéen d’ajouter : « Opiangah n’était donc pas présent dans le cercle très fermé du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) par pur hasard. Il n’était donc pas un intrus. Bien au contraire, il a été un maillon important et essentiel de ce coup d’Etat ».
Les raisons de la discorde
Aujourd’hui en exil forcé pour avoir exprimé ouvertement sa position sur le référendum du 16 novembre 2024 en appelant à voter le NON, Hervé Patrick Opiangah fait incontestablement l’objet d’une persécution politique engendrée par une justice aux ordres, qui n’arrive plus à assumer ses responsabilités.
Pour notre interlocuteur, « Malgré sa position privilégiée au sein du CTRI, Hervé Patrick Opiangah n’a pas hésité à exprimer ouvertement sa position. Une preuve de courage et de responsabilité politiques. Là où certains, pour préserver leurs intérêts, se sont alignés en faveur du OUI, malgré leurs convictions intimes. Opiangah aurait appelé à voter OUI lors de ce référendum, il n’allait jamais être inquiété par la justice. Mais en prenant la responsabilité historique de dire NON à ses compagnons du CTRI et à son Président, il a cru, naïvement, que la politique était et est avant tout un débat d’idées, dans le respect des opinions. Il faut donc comprendre que ce choix a confirmé l’épaisseur politique d’Hervé Patrick Opiangah' » », analyse-t-il.
Après un profond soupir, le doyen politique a lâché: « Si Opiangah n’avait pour seules ambitions que les honneurs et privilèges, il allait, comme les autres politiciens qui n’ont été guidés que par leurs intérêts, se garder de s’opposer à la vision des nouvelles autorités. C’est cette constance politique dépouillée de toute hypocrisie, qui lui vaut aujourd’hui cette persécution. Il a même eu la chance d’échapper à l’attentat lancé contre sa personne, qui aurait pu tourner au drame« , conclut-il.
Si l’on peut saluer le courage politique et le patriotisme débordant d’Hervé Patrick Opiangah, une frange importante de l’opinion déplore et condamne fermement la réponse que le pouvoir a choisi de donner à cet exercice strictement démocratique. Une vaste conspiration contre l’ancien Ministre des Mines du premier gouvernement de la Transition.
Pour notre interlocuteur, « La réponse que le pouvoir a donnée à la prise de position d’Hervé Patrick Opiangah est totalement à rebours des principes démocratiques les plus élémentaires et de la liberté d’expression. Il est victime d’une grossière conspiration politique appuyée par la justice, aux seules fins de l’humilier et de l’éliminer sur tous les plans. Les détracteurs d’Opiangah, qui ont sûrement mais vainement remué ciel et terre pour imaginer des mobiles assez sérieux, n’ont pas trouvé mieux que d’inventer une prétendue affaire d’inceste, montée de toutes pièces, pour justifier son arrestation programmée. Ceci prouve à suffisance que, loin d’être un saint, Opiangah ne traîne nullement des casseroles, comme l’ont prétendu ses détracteurs. »
En définitive, « l’affaire Opiangah » vient jeter une lumière crue sur les limites d’un véritable État de Droit. Car, si, pour une opinion divergente de celle du pouvoir, l’on peut, l’on doit être mis à mort, c’est que le Gabon et son peuple amorcent dangereusement une descente vers une dictature prête, d’un côté, à envoyer à la guillotine ceux qui ne pensent pas comme le « roi« , et de l’autre, à célébrer et gratifier les griots et les béni-oui-oui. »
Par Ange Maya
