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Décryptage-Politique-Gabon/Affaire Opiangah : Pour qui se fourvoient Bruno Obiang Mvé, Eddy Minang & Cie ?

L’affaire dite Opiangah révèle, à chaque épisode, des acteurs qui se démarquent en méprisant, de manière flagrante, les principes fondamentaux d’un État de droit. Ils font fi, volontairement, du bon sens et de la décence. Ils sont sans gêne et n’hésitent pas à éclabousser le noble corps de la magistrature. Des personnes censées être dotées de sagesse, d’intelligence et de discernement, en tant que principaux responsables des juridictions. Ils sont entrain d’inscrire leurs noms dans les annales de l’histoire du Gabon, en laissant comme témoignage, le fait d’avoir préféré les règlements de comptes politiques à la règle de droit. Ils ont tourné le dos à l’éthique et au respect de leur noble profession. Dans cette courte liste, on peut, sans difficultés citer : Bruno Obiang Mvé, le procureur de la République près du Tribunal de première instance de Libreville, Eddy Minang, le procureur général de la Cour d’Appel, et Ulrich Arnold Nzoundou Bignoumba, président de la Chambre d’accusation.

Les trois responsables de juridictions indexés dans l’affaire Opiangah de lire à l’envers le Code pénal

Ces trois « justiciers », sont les principaux acteurs, dans le feuilleton politico-judiciaire contre Opiangah. Tour à tour, chacun d’entre eux entre en scène, pose des actes, prend des décisions qui suscitent de nombreuses et vives réactions au sein de l’opinion publique. Ce qui laisse planer le doute sur la probité des magistrats et l’indépendance du pouvoir judiciaire. A tel point que certains s’interrogent sur leur liberté de penser et d’agir. Ces magistrats ne seraient que de simples exécutants de la volonté de certains politiciens tapis dans l’ombre.

Bruno Obiang Mvé l’homme qui a violé son serment 

Le Procureur de la République Bruno Obiang Mvé en flagrant délit de parjure

L’entrée en scène du procureur de la République près du Tribunal de première instance de Libreville, Bruno Obiang Mvé, à travers la lancée des poursuites judiciaires contre Hervé Patrick Opiangah, a semé le doute dans de nombreux esprits clairvoyants. En effet, quelques jours après l’appel à voter NON au référendum du 16 novembre 2024, par l’UDIS, le maître des poursuites a mis en branle la machine judiciaire, pour lancer l’opération de traque politique contre Hervé Patrick Opiangah, président de l’Union pour la Démocratie et l’Intégration Sociale (UDIS). La supercherie sera mise à nue lors de la déclaration publique du procureur pour justifier, devant l’opinion nationale et internationale, les chefs d’accusation « produits » contre Opiangah, qui avait choisi le chemin de l’exil pour échapper à cet attentat politique.

À la télévision publique gabonaise, aux heures de grande écoute du journal télévisé de 20 heures, le procureur énoncera les différents faits reprochés dans une plainte déposée, dans ces services, par dame Lucie Biloghe, ex-compagne d’Hervé Patrick Opiangah et mère de la présumée victime. Au cours de cette sortie, le Procureur de la République expliquera comment les différents domiciles du présumé prévenu ont été perquisitionnés, le coffre-fort emporté et éventré, la confiscation de nombreux objets de valeur. Il ajoutera avoir trouvé des documents compromettants concernant une prétendue atteinte à la sûreté de l’Etat. Sauf que le maître des poursuites, patron des officiers de police judiciaire, n’a pas jugé utile de préciser que les forces de 3ème catégorie avaient participé à cette expédition punitive vu le dispositif déployé (tout corps confondu). Pour aller plus loin, Bruno Obiang Mvé a émis un mandat de dépôt afin que le grand frère d’Hervé Patrick Opiangah, César Opiangah, séjourne à la prison centrale de Libreville.

Le pot-aux-roses 

Le temps a finalement révélé que les déclarations du procureur de la République étaient toutes mensongères. C’est par exploit d’huissier de justice que le pot-aux-roses a été découvert. La plainte n’a pas été déposée le 14 novembre, comme indiqué lors de son passage télévisé, mais plutôt le 25 novembre soit 11 jours plus tard. Tandis que la procédure judiciaire a été engagée le 20 novembre 2024, après le dépôt de la première convocation – pour le même jour -, puis de la seconde convocation – pour le lendemain -, par la Direction des affaires criminelles de la Police judiciaire. Cette dernière était supposée attendre la présentation d’Hervé Patrick Opiangah, le 21 novembre 2024 à 12h00 comme indiqué sur la deuxième convocation déposée le 20 novembre 2024 à son domicile. Il est donc clairement établi que Bruno Obiang Mvé a engagé des poursuites sans plainte qui pouvait justifier cette traque. « Il y a là, une volonté manifeste de nuire », disait un magistrat dans les couloirs du Palais de Justice de Libreville. Qu’est ce qui a pu pousser Bruno Obiang Mvé à se comporter en véritable ennemi du droit, en lançant une procédure inique contre un paisible citoyen qui n’a fait qu’exprimer son point de vue sur un sujet politique non tabou sur le projet de la nouvelle constitution ?

Non conscient du préjudice causé à Monsieur Hervé Patrick Opiangah, c’est le même procureur qui, devant le juge d’instruction, s’opposera a la demande de non-lieu formulée par les avocats de ce dernier, au motif qu’Opiangah ne se s’est pas présenté devant le juge d’instruction pour audition. Et comme par enchantement, la doyenne des juges s’accrochera à cette argutie pour maintenir les poursuites contre le président de l’UDIS.

Eddy Minang,  visiblement hors sujet

Le Procureur général Eddy Minang désormais dans l’œil du cyclone de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples

Eddy Minang, docteur et magistrat hors hiérarchie très actif dans l’ombre, entrera en scène après l’appel interjeté par les avocats d’Opiangah devant la Chambre d’accusation. Le Procureur général, patron de la Cour d’appel qui devait transmettre le dossier dans un délai franc de 15 jours, l’a gardé dans un placard sans justification. Et ce pendant près de 2 mois. C’est d’ailleurs, la pression subie par le Procureur général qui l’a conduit à le transmettre à la Chambre d’accusation, en veillant à donner une consigne ferme : celle de ne pas céder à la demande de non-lieu, objet de l’appel.

Ulrich Arnold Nzoundou Bignoumba le simple exécutant 

Et comme par enchantement, le président de la Chambre, Ulrich Arnold Nzoundou Bignoumba, viendra rejeter la demande de non-lieu. Ayant pourtant reconnu tous les vices flagrants qui ternissent cette procédure – notamment le parjure de son collègue Procureur de la République -, l’absence de plaignant et de preuves, le président de la Chambre d’accusation s’est arc-bouté sur un argument fallacieux : la non-comparution devant le juge d’instruction. Un échappatoire qui traduit la volonté d’en découdre avec Hervé Patrick Opiangah, quitte à bouleverser les règles du droit.

L’opinion se pose alors la question suivante : pour qui se fourvoient Bruno Obiang Mvé, Eddy Minang et leurs comparses dans le feuilleton politico-judiciaire Opiangah qui défraie la chronique depuis bientôt sept mois ?

Une interrogation qui a tout son sens au regard des aberrations que révèlent chaque épisode de ce feuilleton. Venant des magistrats référencés, qui maîtrisent les méandres du droit, il est fort probable que les décisions qu’ils prennent – et qui voguent à contre-courant du fonctionnement d’un État de droit -, sont de simples ordres qu’ils exécutent en essayant de leur donner le sceau d’une légalité qui a du mal à prospérer.

La sonnette d’alarme 

De nombreux magistrats dénoncent l’attitude des responsables de juridictions dans le traitement du dossier Opiangah

Le Syndicat National des Magistrats du Gabon (SYNAMAG) au cours d’une déclaration publique, pendant la grève, avait tenté de briser la glace en déclarant, par la voix de son président, que « la justice ne doit pas être utilisée pour régler les comptes aux adversaires politiques ». De plus, ils avaient invité les responsables des juridictions à se considérer, avant tout, comme des magistrats. « La fonction prendra fin un jour, mais vous resterez magistrat à vie », avait martelé le président du SYNAMAG, Landry Abaga Essono devant ses collègues, non sans dénoncer l’immixtion du politique dans la prise des décisions judiciaires. Un tableau qui reflète mieux les contours de l’affaire Opiangah qui, nous l’avons compris, est un véritable complot politique où la justice doit faire le sale boulot. Le politique, quant à lui, influence toutes ces décisions qui n’honorent nullement le Gabon qui se veut un État de Droit.

Quoi qu’on dise, l’affaire Opiangah démontre que l’appel des plus hautes autorités à l’instauration d’un véritable État de Droit devient utopique lorsque le politique veut régler des comptes à ceux qu’il considère comme de potentiels adversaires. Et quand ceux qui ont juré de dire le droit s’accommodent à rester des corvéables du politique – bien le Gabon aspire à être un État démocratique -, dans les faits, on se dirige insidieusement vers une dictature qui prendrait la forme d’une « Démocrature » aux conséquences sombres.

Par J.C.A