La nomination de Raymond Ndong Sima au poste de Premier ministre de la transition a-t-elle été une erreur de casting du Président Brice Clotaire Oligui Nguema ? C’est ce que pensent, une bonne partie des personnes avisées dans la haute administration, et par certains analystes politique. Un personnage dont le cliché ne reflète pas la réalité et qui se prend pour un érudit dans la gestion de a chose publique, alors que les résultats prouvent le contraire. Du coup, il devient un véritable frein dans la vision des nouvelles autorités, celle de rendre la dignité au peuple gabonais.
Après son premier passage à la primature où le seul fait d’arme que l’opinion retient de lui est le payement des rappels aux fonctionnaires gabonais, la nomination de Raymond Ndong Sima a été accueillie avec espoir et optimisme par une bonne franche de la population. Neuf mois après, c’est la désillusion. Et nombreux crient à une erreur de casting préjudiciable au succès de cette transition.
Mais pour les observateurs avertis, l’on ne pouvait s’attendre au mieux, au regard des états de services du natif du canon Kyé dans le département du Woleu.
A l’analyse effectivement de ces états, l’on se rend compte qu’ils sont à la milite médiocres. Combien de sociétés d’Etat ont été englouties conduisant à leur privatisation, par la gestion approximative de Raymond Ndong Sima considéré à l’époque comme un économiste chevronné capable de redresser ces entreprises. D’ailleurs, la faillite de sa propre entreprise de transport (l’un des premières agences de voyage) en dit long sur les compétences présumées de ce dernier. Que peut-on retenir de son passage au gouvernement comme ministre de l’Agriculture et de l’Elevage en 2009 ? Pas grand-chose à mettre sous la dent. Nommé à la surprise générale Premier ministre en 2012 par Ali Bongo Ondimba qui avait brisé le tabou en choisissant un Premier ministre non originaire de la province de l’Estuaire, Ndong Sima a passé tout son temps à pleurnicher en accusant le Directeur de cabinet du président de lui faire ombrage dans l’exercice de ses fonctions. Curieusement, il n’a pas poser la démission pour dénoncer ces faits. C’est après son limogeage qu’il débarque avec armes et bagages du Parti Démocratique Gabonais, pour une aventure politique jonchée d’échecs.
Sur ce plan politique, a part une élection législative qu’il a remporté à la manière que savait bien faire le PDG, l’impopularité de Raymond Ndong Sima s’est révélée au grand jour lors de l’élection présidentielle de 2016. Avec un score de 0,4% des suffrages exprimés. A croire que les milliers de fonctionnaires qui ont perçu leurs rappels n’ont sûrement pas renvoyé l’ascenseur à leur bienfaiteur, puisqu’il s’en gargarise toujours. Le fait que Monsieur 0.4% reconnaisse la victoire d’Ali Bongo alors que de nombreux Gabonais avaient été massacrés et que tous les autres candidats contestés les résultats sortis des urnes a fini par ternir son image et le peu de sympathie que certains vouaient à sa personne. Mais l’homme, sans se gêner, est allé féliciter son adversaire, en espérant en retour à un strapontin.
« En vérité », affirme l’un de ses anciens collaborateurs, « Raymond Ndong Sima, n’a jamais été brillant dans le sens noble du terme, de la trame de Mbeng Ekorezock, ou Daniel Ondo Ossa, pour ne citer que ceux là qui sont dans le domaine économique. La preuve, Raymond n’a pu obtenir qu’un Diplôme des Études Approfondies (DEA), donc même pas de Doctorat. C’est tout dire », a-t-il lâché. Avant de reconnaître que « il est très subtil et prudent. C’est ce laisse croire à ceux qui ne le connaissent pas qu’il est sans reproche dans la gestion de la chose publique. Mais si l’on fouille dans les poubelles du ministère de l’Agriculture, on découvrira des dossiers louches. En fait, tout est maquillé pour justifier parfois l’injustifiable. C’est un peu aussi ça son génie » a-t-il conclu.
Sur le plan international, son passage comme représentant du Gabon au Fonds Monétaire International (FMI) est totalement resté inaperçu des Gabonais et n’a rien apporté de positif à son pays.
Quoi qu’on dise, Raymond Ndong Sima n’apporte aucune plus value à la Transition et à son Président. Bien au contraire. Que peut-être son apport sur le plan politique au cas où le Général Brice Clotaire Oligui Nguema s’engageait à briguer la magistrature suprême ? Même ses sorties brûlantes sur certains aspects de la Transition actuelle prouvent à suffisance qu’il n’est pas dans l’esprit de celle-ci. Et connaissant ses revirements de position, rien ne peut présager demain, son soutien à la candidature d’Oligui Nguema à la présidence de la République. Au président de la Transition de re battre les cartes pendant qu’il est encore temps, pour se faire une équipe qui ne parle que d’une seule voix.
Zacharie Osey